La bataille de Kolbsheim aura bien lieu

Didier Rykner
Arbres coupés pour la construction du
Grand Contournement Ouest à Kolbsheim
Photo : GCO Non Merci
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17/9/18 - Patrimoine - Kolbsheim et vallée de la Dordogne - Alors que les tronçonneuses ont déjà largement entamé leur travail destructeur à Kolbsheim, aussitôt après que le préfet a autorisé le début des travaux et une fois les opposants évacués à coup de matraques et de gaz lacrymogène, l’espoir renaît dans le camp des opposants à ce projet délirant qui consiste à construire une autoroute dans un site protégé, à proximité d’un monument historique protégé.

Dans une ordonnance du 14 septembre dernier, le juge des référés, répondant à une demande de l’Association Alsace Nature, a suspendu l’arrêt du préfet et mis à la charge de l’État le versement de 2000 euros à l’association. Deux raisons (des « moyens » en terme de justice administrative) « sont de nature à faire naître le doute quant à la légalité de l’arrêté contesté » : d’une part, les prescriptions de l’Architecte des Bâtiments de France dont se prévalait le préfet « étaient dénués de portée normative », celui-ci n’ayant « pas entendu donner un avis définitif » ; d’autre part, « le dossier ne comprend pas d’étude d’impact actualisé ». Si ce dossier n’est donc ici jugé que sur la forme, la décision permet de stopper les travaux jusqu’à ce que soit rendu le jugement sur le fond.

Cela pose une nouvelle fois la question de la possibilité légale de commencer des travaux alors que tous les recours ne sont pas purgés. Si la justice devait finalement annuler ce projet, la destruction des arbres aurait déjà eu lieu. Même si l’on n’est pas dans le cas irréversible d’un monument détruit, et s’il est possible de replanter, le paysage mettra des dizaines d’années à se reconstituer et la faune locale aura été gravement perturbée.
Malheureusement, un jugement comme celui-ci est fragile. Même si le tribunal administratif devait finalement annuler l’arrêt du préfet, le projet ne serait pas pour autant enterré. Seule une décision politique peut interrompre définitivement et sûrement cette construction d’autoroute qui détruirait à la fois l’environnement et le patrimoine qu’Emmanuel Macron prétend défendre.

Et pendant ce temps là, une autre déviation routière, dans la vallée de la Dordogne, menace également et tout autant des paysages et des monuments historiques. Nous n’en avions pas parlé faute d’avoir eu le temps de nous rendre sur place, mais le contournement de Beynac est tout aussi destructeur que celui de Kolbsheim (pour en savoir davantage, rendez-vous sur la page Facebook de Sauvons la Vallée de la Dordogne). Pendant les journées du patrimoine, le vandalisme a continué de plus belle.

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