Jean-Luc Martinez président-directeur du Louvre

Didier Rykner 1 1 commentaire

3/4/13 - Nomination - Paris, Musée du Louvre - Alors que tout le monde annonçait Sylvie Ramond - il s’agissait du choix de la ministre de la Culture - c’est Jean-Luc Martinez, 49 ans, qui sera nommé aujourd’hui, selon nos informations, au poste de président-directeur du Louvre pendant le Conseil des Ministres qui se tient actuellement à l’Elysée.

La directrice du Musée des Beaux-Arts de Lyon aura probablement souffert de la volonté ouvertement affichée en interne d’Aurélie Filippetti de nommer une femme à ce poste [1], ce qui a pu finalement jouer en sa défaveur à l’heure du choix. Sylvie Ramond avait pourtant un bon bilan à faire valoir à la tête du deuxième musée de France (qui s’est notamment enrichi sous sa direction d’un Poussin et d’un Ingres) et qui a organisé de nombreuses et belles expositions d’art ancien ou du XIXe.
Contrairement aux craintes qui s’étaient faites jour, la procédure de choix a, en réalité, été plutôt bien menée par le ministère de la Culture dont on peut seulement regretter qu’il ait fort mal communiqué à ce sujet. Si l’on peut se demander pourquoi certaines candidatures, comme celle de Michel Hilaire, directeur du Musée Fabre de Montpellier, dont l’action à la tête de ce musée est remarquable, n’ont pas été retenues dans la liste finale, force est de constater que les trois conservateurs qui restaient en lice avaient chacun toute légitimité à diriger cet établissement. Certains ont regretté que des candidats n’aient pas été auditionnés par la ministre, mais cela n’a rien de choquant : comme dans tout recrutement (y compris dans le privé), ils ont d’abord été reçus par des collaborateurs en charge d’une première sélection (notamment Laurence Engel, directeur de cabinet, et Philippe Barbat, conseiller chargé du patrimoine), Aurélie Filippetti n’ayant rencontré in fine que ceux qu’ils avaient retenus après avoir également pris conseil auprès de personnalités extérieures, comme les anciens présidents du Louvre.
La course en tête a, en réalité, été beaucoup plus serrée que prévue et le choix définitif ne s’est fait que dans la dernière semaine. Laurent Le Bon, au départ éliminé, est revenu dans la liste proposée au Président de la République et a tenu la corde pendant quelques jours avant d’être finalement écarté au profit de Jean-Luc Martinez.

C’est donc la candidature interne qui l’a finalement emporté, ce qui n’était pas évident au départ. Une décision qui évitera certainement les inévitables résistances qu’une grande machine comme le Louvre peut connaître lorsqu’une personnalité extérieure est nommée à sa tête.
Jean-Luc Martinez, dont nous avons peu parlé dans La Tribune de l’Art car il a en charge les antiquités grecques et romaines qui sortent de notre champ, est en tout cas unanimement respecté par ses pairs et considéré comme un véritable savant, dont les connaissances ne se résument d’ailleurs pas à sa spécialité. Agrégé d’histoire, membre de l’École française d’Athènes, il a participé à des chantiers de fouille en Grèce avant de devenir conservateur en chef au Musée du Louvre en 1997. Il a succédé en 2007 à son mentor, Alain Pasquier, à la tête du département des Antiquités Grecques et Romaines.

Les chantiers ne manqueront pas pour le nouveau président qui aura comme avantage de parfaitement connaître le Louvre et les difficultés auxquelles il sera confronté. Nous avons écrit ici, sans concession, ce que nous pensions de l’action d’Henri Loyrette. Celui-ci quitte le musée alors que les moyens qui lui seront affectés diminuent de manière importante. Ces baisses de crédit (alors que François Hollande disait vouloir maintenir le budget de la Culture) sont inadmissibles, mais le souhait du ministère de la Culture de recentrer le musée sur ses missions premières est, en revanche, parfaitement louable.
Parmi les premières décisions que devra prendre Jean-Luc Martinez, viendront en tout cas la nomination du directeur du département des Arts Graphiques, vacant depuis fin janvier et le départ de Carel van Tuyll, et celle de son propre successeur au département des Antiquités Grecques et Romaines.

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