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Imaginaires et représentations de l’Orient : Question(s) de regard (s)

Paris, Musée national Eugène Delacroix, du 11 janvier au 2 avril 2018

1. Léon Riesener (1808-1878)
Scène orientale
Aquarelle
Paris, Musée national Eugène Delacroix
Photo : RMN-GP
Franck Raux / René-Gabriel Ojéda
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Eugène Delacroix aurait certainement su traduire la vibration de ce match de foot de l’année 1998 au cours duquel, à la surprise générale, Lilian Thuram marqua deux buts contre la Croatie, qualifiant la France pour la finale de la coupe du monde. La toile aurait pu s’intituler La Victoire grisant le peuple. L’hypothèse est anachronique et saugrenue, personne ne peut le nier. Personne pourtant ne semble s’étonner de la démarche inverse : Lilian Thuram, commissaire d’exposition au Musée Delacroix. Certes, il n’a pas été invité en tant que footballeur, mais en tant que créateur et président de la Fondation Éducation contre le racisme. L’objectif de cette exposition, dont l’initiative est due à Françoise Vergès [1], est de regarder autrement la peinture orientaliste. Mais est-il vraiment sérieux de vouloir plaquer sur l’art du XIXe siècle les préoccupations du XXIe siècle ?

Après Christine Angot (voir l’article), le Musée Delacroix convie donc une nouvelle célébrité qui elle aussi ignore le peintre, dans tous les sens du terme. Le principe est le même : comme l’écrivain, le footballeur a été invité à choisir des peintures et des estampes, et à les accompagner de textes sous forme de cartels, dans lesquels il nous fait part de ses pensées philosophico-moralisantes, alternant platitudes, énormités et raccourcis. Ses textes n’ont souvent rien à voir avec les œuvres qu’ils sont censés commenter, à tel point qu’on se demande s’il n’y a pas une caméra cachée dans chaque pièce pour filmer la perplexité des visiteurs.

Alors que les publics scolaire et familial sont les principales cibles de la fondation de Lilian Thuram, aucune définition n’est faite ni de l’orientalisme, ni même de l’Orient ; du racisme non plus d’ailleurs, et c’est un brin fâcheux dans la mesure où les commissaires semblent parfois…

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