Expositions dans les galeries new yorkaises

Didier Rykner

31/1/19 - Marché de l’art, New York - En même temps que les ventes de fin janvier qui ont lieu actuellement (voir la brève du 28/1/19), New York accueille plusieurs expositions de marchands, une manifestation connue sous le nom de « Master drawings New York ». Les dessins ne sont cependant pas les seules œuvres mises à l’honneur comme le démontrait par exemple l’exposition proposée par les Kugel (voir la brève du 24/1/19) ou celle qu’organise Benjamin Proust, essentiellement centrée sur les sculptures, même s’il présente aussi des dessins de Rodin.


1. François-Joseph Heim (1787-1865)
La Victoire de Juda Macchabée, 1809
Plume, encre brune, lavis, pierre noire, rehauts de blanc - 25 x 34 cm
W.M. Brady & Co.
Photo : W.M. Brady & Co.
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On peut, néanmoins, en plus des ventes Sotheby’s et Christie’s, découvrir de belles feuilles, notamment chez Mark Brady et Stephen Ongpin. Le premier exposait par exemple un dessin tout à fait étonnant de François-Joseph Heim (ill. 1). Daté de 1809, il représente La Victoire de Judas Maccabée, un sujet connu par ailleurs par une esquisse conservée au Musée Magnin mais dont on ne sait si elle donna lieu à un grand tableau. Certains personnages présentent des ressemblances avec Géricault, alors que cette étude est antérieure (à cette date, Géricault a à peine dix-huit ans).


2. Claude Mellan (1598-1688)
Portrait of Nicolas-Claude Fabri de Peiresc
Pierre noire - 14,5 x 11 cm
W.M. Brady & Co.
Photo : W.M. Brady & Co.
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3. Claude Mellan (1598-1688)
Portrait of Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, 1637
Estampe - 22 x 14,7 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : The Metropolitan Museum of Art
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On verra aussi chez Brady un dessin dont nous n’avions pas parlé lorsqu’il était apparu sur le marché parisien, mais dont l’histoire vaut d’être dite car elle démontre une fois de plus la manière dont le département des Arts graphiques du Louvre mène sa politique d’acquisition. Il s’agit d’un portrait de Peiresc (ill. 2), savant, astronome, collectionneur, ami de Rubens..., homme de multiples talents et l’une des personnalités les plus éminentes de la première moitié du XVIIe siècle. L’auteur est Claude Mellan, dont les dessins sont rares, qui prépare ici une de ses gravures (ill. 3). La Bibliothèque nationale s’était entendue avec le Louvre pour que ce soit ce dernier qui enchérisse, et un montant de préemption, bien supérieur à l’estimation (ridicule) de 8 à 10 000 € avait été fixé. Or, juste avant la vente, le directeur du département des Arts Graphiques a décidé unilatéralement de baisser ce montant. Avec le résultat brillant qu’il n’a finalement pas pu le préempter, et que cette feuille, importante pour le patrimoine français, est désormais présentée à la vente pour un prix double de son adjudication, et rejoindra probablement une institution américaine...


4. Jacopo Negretti, dit
Palma le Jeune (vers 1548-1628)
Soldats attaquant les défenseurs
d’une cité fortifiée

Plume, encre brune, lavis brun,
pierre noire - 37,5 x 27 cm
Stephen Ongpin Fine Art Ltd
Photo : Stephen Ongpin Fine Art Ltd
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5. Bartolomeo Schedoni (1578-1615)
Étude de petite fille nue assise
Sanguine - 31 x 21 cm
Stephen Ongpin Fine Art Ltd
Photo : Stephen Ongpin Fine Art Ltd
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Chez Stephen Ongpin, signalons une feuille par Jacopo Palma le jeune (ill. 4), dessinateur abondant, parfois inégal, mais qui est ici à son meilleur, un pierre noire de Cristoforo Roncalli, l’un des artistes connus sous le nom de Pomarancio, un très joli et assez rare dessin de Bartolomeo Schedoni (ill. 5) ou, pour le XIXe siècle, une lettre illustrée d’une aquarelle d’Édouard Manet. Le catalogue peut être consulté ici.


6. Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898)
Ruines dans une forêt
Aquarelle - 31 x 24,5 cm
Collection particulière
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7. Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898)
Muse tenant une lyre
Crayon, craie blanche - 44,5 x 32,5 cm
Collection particulière
Courtesy Michael Werner Gallery, New York and London
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Enfin, une galerie habituellement plutôt spécialisée dans l’art contemporain, Michael Werner, présente une exposition entièrement consacrée à Pierre Puvis de Chavanne, avec des œuvres prêtées par des musées, des collections publiques et privées et d’autres qui sont à vendre. Si un catalogue a été édité, il est dommage que l’accrochage soit fait sans aucune indication et un peu au petit bonheur la chance. Cela reste néanmoins une occasion de découvrir jusqu’au 15 février beaucoup de dessins, d’aquarelles (ill. 6) et de peintures de cet artiste important de la seconde moitié du XIXe siècle français qui eut du succès de son vivant aux États-Unis comme en témoigne notamment des études pour le décor de la bibliothèque de Boston (ill. 7).

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