Deux tableaux, Hals et Fitzgerald, pour le Toledo Museum of Art

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

7/11/18 - Acquisitions - Toledo, Toledo Museum of Art (Ohio) - Une assemblée de convives peinte par Dirck Hals et une réunion de fées représentée par John Anster Fitzgerald ont enrichi les collections du Toledo Museum of Art dans l’Ohio.


1. Dirck Hals (1591 - 1656)
Joyeuse compagnie, 1623
Huile sur panneau - 35 × 39 cm
Toeldo, Toledo Museum of Art
Photo : Toledo Museum of Art
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Le thème de la joyeuse compagnie, qui parfois cache un message moral sur les excès qu’entraîne l’oisiveté, fut plus particulièrement traité par deux peintres hollandais au XVIIe siècle : Willem Buytewech et Dirck Hals.
Si Frans Hals s’attaqua au portrait collectif qu’il rendit vivant en disposant ses modèles autour d’un banquet, son frère Dirck représenta plus souvent des convives anonymes dans des scènes de genre, attablés dans une taverne, une maison ou à l’extérieur. Une élégante assemblée est ici déployée en frise sur une terrasse, dominée par la statue de Cupidon qui confirme ce que suggèrent les échanges de regards : les plaisirs de la chair et de la bonne chère sont étroitement liés (ill. 1). L’exercice pour le peintre consiste à multiplier les personnages autour d’une table en variant les poses et les attitudes, certains étant même présentés de dos avec une certaine audace.
Ce tableau acheté à la galerie Koetser de Zurich rejoint dans les collections une peinture de Frans Hals auquel le musée consacre actuellement une exposition [1]


2. John Anster Fitzgerald (British, 1823-1906)
The Fairies’ Favourite, vers 1860-1865
Aquarelle et gouache - 24,1 × 34,9 cm
Toledo, Toledo Museum of Art
Photo : Maas Gallery
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3. John Anster Fitzgerald (British, 1823-1906)
The Fairies’ Favourite, vers 1860-1865
Aquarelle et gouache - 24,1 × 34,9 cm
Toeldo, Toledo Museum of Art
Photo : Toledo Museum of Art
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Autre peinture récemment acquise, Le Favori des fées par John Anster Fitzgerald (ill. 2 et 3). Ce peintre anglais, fils du poète William Thomas Fitzgerald, semble être autodidacte ; on n’a en tout cas aucune information sur sa formation. Il réalisa des peintures d’histoire, des paysages et des portraits, mais il est surtout connu pour ses représentations féeriques produites essentiellement dans les années 1850 et 1860, qui lui valurent le surnom de « Fairy Fitzgerald ».
L’œuvre acquise par le musée était visible à la Tefaf en mars dernier sur le stand de la galerie Maas de Londres. Fitzgerald répondit à l’engouement de l’ère victorienne pour les sujets merveilleux, mettant en scène, dans des visions parfois cauchemardesques, des elfes, des fées et des démons en tous genres.
Il montre ici un oiseau attaché entouré d’êtres étranges, certains lui apportent des baies et des cerises. Peut-être le thème est-il dérivé de la comptine « Who killed Cock Robin ? » ( Qui a tué le rouge-gorge ?).
Fitzgerald trouva, comme tant d’autres, ses sujets dans Shakespeare, notamment La Tempête et Le Songe d’une nuit d’été ; un tableau en témoigne, montré par la galerie French & Company lors de la Tefaf en 2016, et doté comme la toile du Toledo Museum d’un cadre extraordinaire. Mais le peintre s’inspira également des écrits de Thomas Crofton Croker [2] et Thomas Keightley [3] de l’œuvre de Bosch également, diffusé par la gravure, et puisa enfin dans sa propre imagination.

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