Des natures mortes hollandaises offertes au Boston Museum of Fine Arts

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

11/2/19 - Acquisitions - Boston, Museum of Fine Arts - 113 peintures par 76 artistes différents, hollandais et flamands, issues de deux collections privées, ont été promises au Musée des Beaux-Arts de Boston en 2017. On ne sait pas exactement quand elles seront effectivement offertes au musée, mais un florilège y est actuellement exposé.
Les donateurs sont Rose-Marie et Eijk van Otterloo ainsi que Susan et Matthew Weatherbie. Le Siècle d’or est à l’honneur avec une pièce phare, le Portrait d’Aeltje Uylenburgh par Rembrandt, mais aussi une scène de genre de Jan Steen, une nature morte de Willem Kalf, un paysage de Jacob van Ruisdael ou encore une marine de Willem van de Velde le jeune. Parmi les Flamands, on compte Rubens et Van Dyck, de Rubens avec plusieurs esquisses à l’huile, notamment pour Le Couronnement de la Vierge, et de Van Dyck plusieurs portraits. Et puis des natures mortes d’Osias Beert et des paysages de Jan Brueghel l’Ancien rejoindront aussi le fonds du musée.
Outre leurs collections, les mécènes ont prévu de donner de quoi constituer une importante bibliothèque et d’assurer le financement d’un centre de recherche sur l’art des Pays-Bas.


1. Balthasar van der Ast (1593/1594–1657)
Bouquet de fleurs sur un rebord, 1624
Huile sur cuivre - 13,3 x 10,2 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Boston, Museum of Fine Arts
Voir l´image dans sa page
2. Balthasar van der Ast (1593/1594–1657)
Bouquet de fleurs, vers 1630
Huile sur panneau - 37,1 x 24,4 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Boston, Museum of Fine Arts
Voir l´image dans sa page

Depuis cette annonce, les van Otterloo ont offert en 2017 deux natures mortes de Balthasar van der Ast, (ill. 1 et 2) tandis qu’une troisième a été acquise en décembre 2018 auprès d’une collection privée grâce à un don de leur part (ill. 3) permettant ainsi de montrer la diversité de son art.


3. Balthasar van der Ast (1593/1594–1657)
Nature morte aux fruits et aux coquillages, vers 1623–24
Huile sur panneau - 34,9 x 54,6 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Boston, Museum of Fine Arts
Voir l´image dans sa page

Né à Middelburg dans le sud des Pays-Bas, Balthasar van der Ast se forma auprès de son beau-frère Ambrosius Bosschaert, puis devint maître à Utrecht en 1619, avant de s’installer à Delft en 1632. Comme Bosschaert, van der Ast peignit des bouquets de fleurs comme en témoignent les deux œuvres offertes en 2017, mais il réalisa surtout des compositions de fruits et de coquillages.
Il les place ici directement sur un entablement de pierre, amassés en un savant désordre selon leurs couleurs : les coquillages tout d’abord, verts, bruns et gris, puis les pommes et les pêches jaunes et rouges, enfin le violet des prunes dont les feuilles offrent un couronnement joyeux à cette pyramide. Des insectes animent la composition. La délicatesse des quelques fleurs sur le bord de la table contraste avec la rugosité des coquillages ; le muguet notamment penche dangereusement dans le vide, et suggère peut-être la fugacité de la vie. On retrouve la même formule, plus épurée, dans un très beau tableau exposé à Maastricht en 2013.
L’artiste n’utilise pas, pour cette nature morte, de coupe ni de panier qui souvent lui permettent d’organiser sa composition, les éléments étant disposés, dedans, à côté, voire en dessous.
Van der Ast marqua une évolution de la nature morte hollandaise, influençant notamment Davidsz de Heem qui fut son élève.


4. Adriaen Coorte (actif vers 1683–1707)
Nature morte aux coquillages, 1698
Huile sur papier sur panneau - 17 x 22,5 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Phto : Boston, Museum of Fine Arts
Voir l´image dans sa page

Les mêmes bienfaiteurs du musée ont offert une autre nature morte aux coquillages en décembre 2018 (ill. 4). Elle est due à Adriaen Coorte, actif à Middelburg dans les années 1683-1707, qui réalisa dans de petits formats de nombreuses natures mortes séduisantes par leur minimalisme. Une botte d’asperges, trois pêches, une branche de groseilles... Il ne représente en effet que quelques fruits, légumes ou coquillages, sobrement disposés sur un entablement souvent fendu, qui se détachent sur un fond sombre grâce à un jeu d’ombre et de lumière.
La peinture entrée au musée de Boston est seulement constituée de quelques coquillages. La composition est à la fois sobre et spectaculaire grâce à la forme de celui qui se trouve au centre, appelé peigne de venus, mis en valeur par la masse compacte de celui qui se trouve à côté, tandis que la coquille d’escargot à droite, ajoute une note vive que l’on retrouve dans un tableau du Louvre.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.