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De quoi Chambord est-il le symptôme ?

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1. Château de Chambord
Photo : W. Bulach (CC BY-SA 4.0)

Dans son droit de réponse publié le 10 décembre à la suite de l’article de Didier Rykner sur Chambord, Jean d’Haussonville met en cause, en passant, « le président de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France », sans me citer nommément : il imagine que je maugrée parce que « [mon] avis n’a pas été suivi », en l’occurrence mon opposition, publique, aux travaux de modification et de dorure des toitures du château. A ce moment, il avait obtenu, contre l’avis unanime de la Commission nationale du Patrimoine et de l’Architecture (CNPA), un feu vert de l’Élysée pour passer outre et faire ses travaux. Las ! Le lendemain, la Présidence contredisait M. d’Haussonville, annulant un chantier aussi démesuré que coûteux, comme l’a rapporté Le Canard enchaîné du 12 décembre (voir cet éditorial).

Il serait évidemment loisible de se gausser ici des contradictions de l’État dans ce dossier, voire d’ironiser sur la déconvenue de M. d’Haussonville, victime collatérale inattendue des « gilets jaunes ». Mais ce ne serait pas digne. Félicitons plutôt la presse libre de son travail : elle a pleinement joué son rôle. Tragi-comique, cette affaire fournit cependant l’occasion de réfléchir sur les dysfonctionnements qui affectent le patrimoine, en soulevant trois questions étroitement imbriquées entre elles. Au moment où le président de la République appelle à moins d’arrogance et plus de démocratie participative, je verse modestement cette histoire aux grands débats nationaux qui s’ouvrent.

Respecter la Commission nationale du Patrimoine et de l’Architecture ?

La CNPA actuelle a succédé à la Commission supérieure des Monuments historiques, créée en 1837, lors de la refonte opérée par la loi CAP de 2016. Placée auprès de la direction générale des Patrimoines, elle est présidée par un élu, actuellement M. Jean-Pierre Leleux, sénateur de Grasse, et…

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