Chambord ne sera pas doré

Didier Rykner
État des toits de Chambord tel qu’il était prévu
à l’occasion des 500 ans du château...
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La Tribune de l’Art, qui ne s’est jamais cachée de faire du journalisme engagé au service du patrimoine, a déjà connu beaucoup de succès dans ses combat, mais celui-ci fut incontestablement le plus rapide.
Vendredi dernier, le 7 décembre, nous publiions un article pour raconter comment un projet absurde et coûteux du Président de l’établissement public de Chambord, repoussé à l’unanimité par la Commission nationale des monuments historiques, était pourtant soutenu par le Président de la République qui avait été sollicité directement par Jean d’Haussonville. Ceci nous valait un droit de réponse flamboyant de ce dernier que nous avons publié lundi, non sans lui donner à notre tour une réponse.

Nous apprenons aujourd’hui dans un long article du Canard Enchaîné intitulé « Grand Chambordement d’Emmanuel Macron » que celui-ci avait finalement renoncé, et que « L’Élysée a décidé qu’il n’était plus question de refaire des lanternons en bon état et qu’il fallait réduire la dorure. Comme proposé par les Monuments historiques, celle-ci devrait se limiter à quelques discrètes girouettes ».
Si nous avons gagné si rapidement, c’est bien entendu en grande partie grâce à la conjoncture qui ne se prête pas vraiment à des dépenses somptuaires et inutiles. Les quatre millions qui, comme le disait Jean d’Haussonville - ce que nous n’avions jamais contesté -, ne représentaient pas un euro supplémentaire pour le budget de Chambord, pourront donc être employés, nous l’espérons en tout cas (et nous le suivrons de près) à des travaux vraiment utiles. Notons toutefois que d’autres dépenses superflues sont prévues, comme la participation de l’inévitable Jacques Garcia qui intervient - comme à Versailles où l’on essaye déjà de se débarrasser des traces de son passage ou au Louvre - au titre d’un « mécénat de compétence »…

Chambord ne retrouvera donc pas complètement son « enchantement poétique [1] » et ne pourra pas « exprimer [sa] dimension onirique et merveilleuse […], celle des romans de chevalerie [2] ». Et le pire, c’est que nous nous en réjouissons.

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