Vivent les collections ! 10 ans d’acquisitions au Musée des Avelines

Julie Demarle

Saint-Cloud, Musée des Avelines, du 13 septembre au 20 janvier 2018.

Le musée des Avelines mène depuis sa réouverture de l’automne 2008 une dynamique politique d’acquisition sous la direction d’Emmanuelle Le Bail. Large aperçu de cette décennie d’enrichissement, l’exposition Vivent les collections ! 10 ans d’acquisitions présente, parmi plus de 400 œuvres, 208 acquisitions récentes sur les 762 œuvres entrées dans les collections depuis 2008 [1], distinguées par une pastille bleue sur les cartels. Elles prennent place dans les sept salles d’exposition du musée où elles remplacent temporairement le parcours permanent par neuf sections thématiques dédiées, comme lui, à l’histoire et l’art de Saint-Cloud pour une période allant du XVIIe au XXIe siècle. Elles sont ponctuées de panneaux de salles et d’une vitrine didactiques détaillant les missions muséales, des différentes modalités d’acquisitions au récolement décennal et à l’inventaire. Remarquons aussi de nombreux dépôts (quarante-six) que l’on ne peut réellement qualifier d’acquisitions, mais dont certains sont également présentés dans l’exposition et restent intéressants à signaler.

Il est dommage qu’un catalogue n’ait pas été publié à cette occasion et c’est donc au catalogue en ligne des collections, initiative rare pour un petit musée, qu’il faut se référer. Nous ne reviendrons pas sur les acquisitions dont nous avons déjà parlé à l’occasion de brèves dédiées ou de recensions d’expositions dont vous trouverez ici la liste. Nous ne serons pas exhaustifs mais évoquerons les principaux enrichissements des six dernières années (2013-2018), les précédentes ayant été déjà largement traitées sur La Tribune de l’Art. Nous les détaillerons en suivant l’ordre des sections de l’exposition, à l’intérieur desquelles nous les classerons par type d’acquisitions - achats, dépôts, dons - et par ordre chronologique d’entrée dans les collections. Nous ne retiendrons pas les sections dédiées aux artistes du XXe siècle René Crevel, Claude Maréchal et Jean Chièze puisqu’elles dépassent le champ chronologique de notre revue.

Histoire de la ville

Achat

- Une Vue de Saint-Cloud de Christian Brune (ill. 1), un élève de Jean-Victor Bertin, a été acquise en 2016 auprès de la Galerie Lardemelle à Paris.


1. Christian Brune (1767-1842)
Vue de Saint-Cloud, prise des hauteurs de Sèvres, 1837
Huile sur toile - 105 x 138 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/G.Pagnol
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Dons

- Une Vue du pavillon de Breteuil de Jean Baptiste Gabriel Langlacé (ill. 2) a été achetée par les Amis du Musée avec la participation de l’Association des Amis du parc de Saint-Cloud pour 5850 € lors de la vente Artcurial du 23 mars 2017. Ce paysage très minutieux de petit format rappelle la formation de peintre sur porcelaine de Langlacé, spécialisé dans les vues topographiques, très actif à la manufacture de Sèvres entre 1806 et 1845. Si le pavillon de Breteuil est aujourd’hui toujours en place et abrite le Bureau international des poids et mesures, on aperçoit dans le bois de Saint-Cloud au second plan la lanterne de Démosthène et le château qui ont été détruits en 1870.


2. Jean Baptiste Gabriel Langlacé (1786-1864)
Vue du pavillon de Breteuil à Saint-Cloud
Huile sur toile - 21 x 33,5 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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- Un paysage de Constant Troyon (ill. 3) a été acquis par les Amis du Musée pour 3700 € lors de la vente aux enchères Ivoire Lyon
du 29 janvier 2016. Il s’agit d’une œuvre de jeunesse du peintre sévrien proche de l’Ecole de Barbizon où apparaît de nouveau, derrière la berge de Sèvres vue depuis celle de Boulogne, la lanterne de Démosthène.


3. Constant Troyon (1810-1865)
Scène animée aux environs du bois de Saint-Cloud, 1832
Huile sur toile - 92 x 131 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/G.Pagnol
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- Trois huiles et un pastel sur cartons de Léon Printemps (ill. 4 à 7) ont été offerts au musée par le petit-fils de l’artiste, Jacques Noireau, en 2016. Élève de Gustave Moreau, Léon Printemps a peint autant de sujets mythologiques et religieux que de paysages, essentiellement des environs de Paris. Il représente ici les berges de Saint-Cloud et le bassin des vingt-quatre jets du parc de Saint-Cloud.


4. Léon Printemps (1871-1945)
Église, vers 1913
Huile sur carton - 24 x 33 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/G.Pagnol
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5. Léon Printemps (1871-1945)
Parc de Saint-Cloud, vers 1913
Huile sur carton - 38 x 46 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/G. Pagnol
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6. Léon Printemps (1871-1945)
La Seine à Saint-Cloud, vers 1913
Huile sur carton - 24,5 x 33 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/G. Pagnol
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7. Léon Printemps (1871-1945)
Personnage en bord de Seine - Saint-Cloud, 1935
Huile sur carton - 19,5 x 27 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/G. Pagnol
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- Deux dessins d’Alexandre Defaux (ill. 8 et 9)ont été offerts au musée en 2013 par Didier Dutailly. Ils représentent d’après nature, en mars 1871, Saint-Cloud et le Pavillon de Montretout détruits. On peut les rapprocher des vues cette fois photographiques de l’album intitulé Ruines de Paris 1870-1871 édité par Alfred Block et acheté par les Amis du Musée auprès d’un particulier la même année (ill. 10).


8. Alexandre Defaux (1826-1900)
Vue de Montretout, mars 1871
Crayon noir sur papier - 20,4 x 37,5 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/L.Turisini
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9. Alexandre Defaux (1826-1900)
St-Cloud, 25 mars 1871, d’après nature
Crayon noir sur papier - 29 x 34,2 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/L.Turisini
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10. Adolphe Block (éditeur) (1829-après 1915)
Ruines de Paris 1870-1871 / Salon d’Apollon St Cloud, vers 1871
Stéréophotographie - 8,8 x 17,6 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/L.Turisini
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Histoire du château

Dépôts

- Un ensemble de sièges provenant de l’ancienne chapelle du château de Saint-Cloud composé de quatre chaises, de trois fauteuils de cérémonie, de deux Prie-Dieu et de deux chauffeuses a été déposé au musée en 2015 par l’église Saint Clodoald de Saint-Cloud (ill. 11 à 14). Ils y étaient affectés depuis 1870 suite à l’incendie du château. Les quatre chaises proviennent d’une série de quinze et sont estampillées « Jacob D.R. Meslée » abréviation de « Jacob Desmalter Rue Meslée » qui correspond à la marque utilisée par Georges Jacob et son fils François-Honoré-Georges entre 1803 et 1813 alors principaux fournisseurs du mobilier impérial. Une des deux chauffeuses porte la même estampille tandis que la deuxième est estampillée « A Gregory ». Les Prie-Dieu sont estampillés Georges Jacob et portent la marque au fer « Chateau/ de St Cloud ». Ils faisaient partie du premier ameublement du château. Enfin, l’un des trois fauteuils de cérémonie bien que non estampillé est attribué à François-Honoré-Georges-Jacob Desmalter.


11. Georges Jacob (1839-1914)
Prie-Dieu de l’ancienne chapelle du château de Saint-Cloud, vers 1813
Bois peint et velours - 95 x 55 x 59 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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12. François-Honoré-Georges
Jacob-Desmalter (1870-1941)
Chaise de l’ancienne chapelle du château de Saint-Cloud, entre 1803 et 1813
Bois doré et velours - 86,5 x 47 x 43 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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13. François-Honoré-Georges
Jacob-Desmalter (1870-1941)
Chauffeuse de l’ancienne chapelle du château de Saint-Cloud, entre 1803 et 1813
Bois doré et velours - 95 x 54 x 57 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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14. François-Honoré-Georges
Jacob-Desmalter (1870-1941)
Fauteuil de célébrant ou fauteuil d’apparat de l’ancienne chapelle du château de Saint-Cloud, vers 1800
Bois doré et velours - 99 x 57,5 x 56 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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Des amitiés artistiques à Saint-Cloud

Cette partie de l’exposition s’intéresse aux peintres clodoaldiens Pierre et Jules-Alexandre Duval Le Camus ainsi qu’à la dynastie des Dubufe, Claude-Marie, Edouard et Guillaume, liée à la Ville. Le musée des Avelines a consacré une exposition aux premiers en 2010 et aux seconds en 2018, toutes deux recensées sur La Tribune de l’Art.

Achat

- Un portrait d’homme de Pierre Duval (ill. 15) Le Camus a été acquis en 2013 auprès de la Galerie Terrades. Il est le quatrième portrait caractéristique de cet artiste acheté par le musée depuis sa réouverture (voir la brève du 29/01/10). Tous reprennent la même formule, un petit format où le personnage au costume minutieusement décrit est représenté en pied sur un fond de paysage.


15. Pierre Duval Le Camus (1790 - 1854)
Portrait d’homme sur un chemin boisé, 1827
Huile sur toile - 31,5 x 25 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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Dépôts

Deux importants dépôts ont été réalisés en 2018 à la suite de l’exposition Dubufe. Le Petit Palais a mis en dépôt l’esquisse pour le buffet de la Gare de Lyon (ill. 16) - rebaptisé Le train bleu en 1963 - de Guillaume Dubufe, peintre-décorateur qui réalisa sous la IIIe République de nombreuses commandes pour des bâtiments parisiens. Cette esquisse représente une allégorie de la Ville de Lyon conçue pour l’un des trois plafonds de la grande salle à manger et qui fut finalement largement modifiée. Le musée Alexandre Dumas de Villers-Cotterêts a lui mis en dépôt un grand portrait d’Alexandre Dumas fils par Édouard Dubufe (ill. 17), exposé au Salon de 1873 puis à l’Exposition universelle de 1878.


17. Guillaume Dubufe (1853-1909)
Esquisse pour le buffet de la Gare de Lyon, vers 1899
Huile sur toile - diamètre : 73 cm
Paris, Petit Palais, en dépôt à Saint-Cloud,
Musée des Avelines
Photo : Petit Palais-Roger Violet
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16. Edouard Dubufe (1819-1883)
Portrait d’Alexandre Dumas fils, 1873
Huile sur toile - 79 x 62,5 cm
Villers-Cotterêts, Musée Alexandre Dumas,
en dépôt à Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/A.Bonnet
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Edouard Dantan

Le musée des Avelines ne cesse d’enrichir son fonds dédié à Édouard Dantan, artiste clodoaldien qu’il a su brillamment réhabiliter avec l’exposition de 2013-2014 (voir l’article). Il compte aujourd’hui douze tableaux, onze dessins, presque tous au pastel - un de ses médiums de prédilection -, et quatre sculptures. Une esquisse du catalogue raisonné de l’artiste est publiée sur le site internet du musée. Elle est établie à partir du Livre de raison d’Édouard Dantan, conservé en mains privées et numérisé à l’occasion de la rétrospective, dans lequel l’artiste a recensé 1105 des œuvres qu’il réalisa de 1869 à la fin de sa vie. Le musée a actuellement localisé, documenté et illustré environ 300 de ces œuvres auxquelles d’autres dessins et tableaux non mentionnés dans le Livre de raison ont pu être ajoutés.

Achats :

- Un portrait féminin au pastel (ill. 18) a été acheté en 2018 auprès de la Galerie Tristan de Quelen grâce au soutien du FRAM. 
- Une boîte à cigare dont le couvercle est orné d’un paysage maritime (ill. 19) a été acquise en 2017 auprès d’un collectionneur privé. Il représente une plage de Villerville-sur-Mer, station balnéaire qui accueille le peintre lorsqu’il n’est pas à Saint-Cloud.
- C’est également auprès d’un collectionneur privé que fut achetée en 2014 la grande scène de genre intitulée Limousins construisant une maison rue des Ecoles à Saint-Cloud (ill. 20).


18. Edouard Dantan (1848-1897)
Portrait de Madame Hustin, 1883
Pastel - 61 x 51 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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19. Edouard Dantan (1848-1897)
La plage de Villerville au crépuscule, 1881
Huile sur le couvercle d’une boîte à cigares - 19,5 x 40 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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20. Edouard Dantan (1848-1897)
Limousins construisant une maison rue des Ecoles à Saint-Cloud, 1888
Huile sur toile - 93 x 130 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/A.Pedalino
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Dépôts  :

- En 2016, l’Ecole des Beaux-Arts de Paris a déposé deux toiles d’Édouard Dantan qui fut son élève de 1865 à 1877. Il s’agit de l’étude de torse (ill. 21) qui remporta le prix de la demi-figure peinte en 1875 et d’un classique paysage méridional animé de quelques discrètes figures féminines drapées à l’antique (ill. 22) qui remporta en 1877 le premier prix Jauvin d’Attainville pour le paysage.


21. Edouard Dantan (1848-1897)
Antonio Menescalq, concours du torse, 1875
Huile sur toile - 100 x 81 cm
Paris, École nationale supérieure des
Beaux-Arts, en dépôt à
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : RMN-GP/Beaux-Arts de Paris
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22. Edouard Dantan (1848-1897)
L’Automne, 1877
Huile sur toile - 102 x 82 cm
Paris, École nationale supérieure des
Beaux-Arts, en dépôt à
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : RMN-GP/Beaux-Arts de Paris
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- Trois autres dépôts ont été effectués en 2014. Le musée d’art et d’archéologie de Laon a déposé le tableau qui concourra pour le Prix de Rome en 1874 autour du sujet de la mort de Timophane (ill. 23). Si c’est l’élève de Cabanel, Albert Besnard qui remporte le Grand Prix, Dantan reçut une mention honorable et l’œuvre fut achetée par l’État dès 1875. Le musée d’Orsay a, lui, mis en dépôt la représentation posthume, du père de l’artiste, le sculpteur renommé Antoine Laurent Dantan dit Dantan aîné, dans son atelier (ill. 24). Exposée au Salon de 1880, elle fut immédiatement achetée par l’État puis affectée au musée du Luxembourg dès 1881. C’est aussi le père de l’artiste qui est à l’honneur dans le grand portrait déposé par un collectionneur privé (ill. 25). Exposé au Salon de 1872, il était jusqu’à la rétrospective de 2013 resté accroché dans l’atelier de l’artiste à Saint-Cloud.


23. Edouard Dantan (1848-1897)
La mort de Timophane, 1874
Huile sur toile - 146 x 114 cm
Laon, Musée d’Art et d’Archéologie, en
dépôt à Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/A.Pedalino
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24. Edouard Dantan (1848-1897)
Un coin d’atelier de sculpteur, 1880
Huile sur toile - 98 x 130 cm
Paris, Musée d’Orsay, en dépôt à
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : RMN-GP/Hervé Lewandowski
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25. Edouard Dantan (1848-1897)
Dantan Ainé mon père, 1872
Huile sur toile - 130 x 90 cm
Collection privée, en dépôt à Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/A.Pedalino
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Dons :

- Les Amis du Musée ont offert en 2015 une huile sur toile représentant un intérieur normand (ill. 26). Dantan est tombé sous le charme de la station balnéaire normande de Villerville-sur-mer en 1881 et réalisera par la suite plusieurs vues d’intérieurs normands ainsi que de nombreux portraits de marins et de leurs épouses. En 2014, les Amis du Musée ont également offert le dessin du Temps passe vite (ill. 27) qui servait d’illustration, dans le catalogue illustré de peinture et sculpture du Salon de 1895, à l’huile sur toile de même sujet alors exposée et aujourd’hui disparue. Il fut acheté pour 200 € lors de la vente Guilhem et Christophe Sadde du 20 octobre 2013.


26. Edouard Dantan (1848-1897)
Intérieur normand, 1882
Huile sur toile - 59,5 x 74 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/S.Martin
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27. Edouard Dantan (1848-1897)
Le Temps passe vite, 1895
Encre noire sur papier - 17 x 23 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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Gaston La Touche

L’exposition s’intéresse ensuite au cercle artistique clodoaldien formé par le peintre Gaston La Touche - auquel le musée a consacré une exposition en 2014 (voir l’article) - et les sculpteurs Joseph Cirasse et Jean Tournoux.

Dépôt

- Le musée d’Orsay a mis en dépôt en 2015 une très belle huile sur bois représentant le Bassin de Bacchus (ill. 28), l’un des quatre bassins des Saisons, du parc de Versailles peint à de multiples reprises par La Touche. Le groupe sculpté central, Bacchus ceint de petits satyres, d’où jaillit l’eau, est entouré d’un cortège fantaisiste de cygnes et d’une nymphe vue de dos.


28. Gaston La Touche (1854-1913)
Les Cygnes, 1898
Huile sur bois - 78,4 x 78 cm
Paris, Musée d’Orsay, en dépôt à Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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Dons

- Nous retrouvons une gamme chromatique et une lumière tamisée très similaire dans l’inquiétante scène d’intérieure (ill. 29) achetée par les Amis du Musée lors de la vente aux enchères Tessier et Sarrou du 7 décembre 2016 pour 1200 €. Dans un décor bourgeois de boiseries rehaussées d’or, de lustre en cristal et de cheminée en marbre, une silhouette féminine semble réfugiée dans un coin de la pièce, terrorisée par une menace suggérée par le sabre posé sur le ployant au premier plan. Les deux autres dons que nous évoquerons, un ensemble de quinze gravures à la pointe sèche illustrant L’Assommoir d’Emile Zola (ill. 30) acquis par les Amis du Musée lors de la vente Ader Normann du 12 décembre 2013 pour 1250 €, et, en 2014, le dessin de La fileuse (ill. 31) offert par B. Escher et E. Thiriot, évoquent le début de carrière de La Touche, sa période naturaliste avant son œuvre coloriste. Elles sont particulièrement rares puisque La Touche lui-même détruisit une grande partie de cette première production peuplée de scènes de vie quotidienne de mineurs et d’ouvriers.


29. Gaston La Touche (1854-1913)
Scène d’intérieur nocturne au sabre
Huile sur bois - 77,5 x 56 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/A.Bonnet
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30. Gaston La Touche (1854-1913)
15 gravures sur l’Assommoir d’Emile Zola, 1879
Pointe sèche - 14 x 24 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/L.Turisini
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31. Gaston La Touche (1854-1913)
La fileuse, 1871
Pointe sèche - 32,5 x 24 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/L.Turisini
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- En 2016, le fonds d’atelier de Joseph Cirasse, artiste peu étudié jusqu’à présent, constitué de plusieurs dessins et pastels autographes ou attribués, fut offert au musée par M. Herteman (ill. 32 et 33).


32. Joseph Cirasse (1853-1926)
Tête du Christ, 1867
Pierre noire et craie blanche - 50 x 32 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/L.Turisini
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33. Joseph Cirasse (1853-1926)
Etude d’enfant, 1867
Pastel - 32,5 x 22,6 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/L.Turisini
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La donation Oulmont

L’exposition détaille ensuite le rôle déterminant de Charles Oulmont, collectionneur au goût éclectique, dans l’histoire des collections du musée. En 1969, il donna un ensemble de peintures, d’objets d’art et de mobilier du XVIIIe siècle principalement (Greuze, Nattier, Drouais, La Tour, RVLC etc.) complété par un ensemble exceptionnel d’œuvres d’Eugène Carrière (quinze toiles, quarante-trois dessins et trois lithographies). Le fonds initié par Charles Oulmont fut complété en 1989 par une donation de sa veuve, Christiane Oulmont et plus récemment par le don par Jacques Foucart et Elisabeth Foucart-Walter d’une esquisse pour Le Théâtre de Belleville (ill. 34), toile monumentale achevée en 1895 après maintes études préparatoires, et aujourd’hui conservée au musée Rodin. Le parcours ne manque alors pas d’évoquer Emile Verhaeren, qui s’installe à Saint-Cloud en 1900, ce « passeur d’art », tel que le définit l’exposition que le musée lui consacra en 2016 (voir l’article, qui ne manqua pas d’admirer Le Théâtre de Belleville lorsqu’il fut exposé au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts puis au Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles. Un buste de Verhaeren a été mis en dépôt par la Société Historique et Littéraire Polonaise en 2016 (ill. 35).


34. Eugène Carrière (1849-1906)
Esquisse pour le Théâtre de Belleville,
avant 1895
Huile sur papier marouflé sur bois
19 x 33 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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35. Boleslaw Biegas (1877-1954)
Buste d’Emile Verhaeren, 1906
Plâtre - 56 x 34 x 45 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : SHLP / BPP
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La porcelaine tendre de Saint-Cloud

L’exposition s’achève sur une section dédiée à la porcelaine tendre de Saint-Cloud dont le musée des Avelines conserve plus de quatre-vingt pièces qu’une exposition a mis à l’honneur en 2016-2017 (voir l’article).

Dépôts

- Suite à cette exposition, le musée reçut plusieurs dépôts. En 2018, le musée National Adrien Dubouché - Cité de la céramique Sèvres et Limoges a mis en dépôt trois pièces. Une boîte en forme de chinois (ill. 36) et une pomme de canne (ill. 37) témoignent d’une spécificité de la Manufacture de Saint-Cloud célèbre pour sa production d’accessoires. Une saucière décorée d’une frise d’arabesques et d’insectes en camaïeu de bleus illustre le décor « en bleu » typique de Saint-Cloud (ill. 38).


36. Manufacture de Saint-Cloud
Boîte en forme de chinois allongé, après 1700
Porcelaine tendre - 6,2 x 5,5 x 4,2 cm
Musée Adrien Dubouché en dépôt à
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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37. Manufacture de Saint-Cloud
Pomme de canne à décor de personnages en camaïeu bleu, vers 1700-1720
Porcelaine tendre - 5,2 x 4 cm
Musée Adrien Dubouché en dépôt à
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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38. Manufacture de Saint-Cloud
Ravier ou saucière à une anse en camaïeu bleu, vers 1720-1740
Porcelaine tendre - 13 x 2,5 x 19 cm
Musée Adrien Dubouché en dépôt à Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée National Adrien Dubouché
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- En 2017, le Musée des Arts décoratifs, qui conserve la plus grande collection de porcelaine de Saint-Cloud au monde, a déposé deux pièces qui illustrent un autre type de décor de la manufacture, le décor « en blanc » en relief. L’urne est décoré de branchages fleuris (ill. 39) tandis que le pot à oille est orné de hérons et de fleurs (ill. 40), tous deux dans le style chinois.


39. Manufacture de Saint-Cloud
Urne-pot-pourri couvert, décor en blanc de fleurs rapportées, entre 1725 et 1740
Porcelaine tendre - 18,8 x 16,8 cm
Paris, Musée des Arts décoratifs, en dépôt à
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/J.Tholance
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40. Manufacture de Saint-Cloud
Pot à oille couvert, en blanc, décor oriental moulé rapporté, entre 1720 et 1730
Porcelaine tendre - 26,5 x 30,8 x 23,3 cm
Paris, Musée des Arts décoratifs, en dépôt à
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines/J.Tholance
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Achats

- En 2017, le musée a acheté une théière au décor « en bleu » reprenant les grotesques de Bérain (ill. 41) pour 13 000 € auprès de la galerie Dragesco-Cramoisan. Tout récemment, en décembre 2018, grâce aux Amis du Musée et avec l’aide de la galerie Béalu et fils, un seau à verre au décor polychrome Kakiemon (ill. 42), troisième type de décor de la manufacture a pu être acheté.


41. Manufacture de Saint-Cloud
Théière couverte de forme sphérique, godrons en relief et frise de motifs floraux détachés en camaïeu bleu, entre 1700 et 1710
Porcelaine tendre - 17,5 x 12 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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42. Manufacture de Saint-Cloud
Seau à verres à décor polychrome
Porcelaine tendre - 17,5 x 12 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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Enfin, nous terminerons cet inventaire des acquisitions récentes par trois œuvres d’Henry Caro-Delvaille qui ne prennent pas place dans l’exposition mais dans l’atrium près de l’emplacement qui leur fut initialement dévolu. La Ronde et La Danse affrontée de Faunes, achetées en 2017 auprès de la maison de vente Joron-Derem pour 1020 euros (ill. 43 et 44), ainsi que L’offrande, déposée en 2018 par Jean-Louis Bourgeois (ill. 45), sont trois des neufs panneaux que Daniel Brunet, riche pharmacien et grand collectionneur, fait installer dans l’atrium de sa nouvelle villa construite par l’architecte Mourot en 1935. Elles appartiennent à une série originelle de dix panneaux décoratifs autour du thème de la danse commandés en 1911-1912 par Daniel Brunet à son ami le peintre Henry Caro-Delvaille pour son appartement de la rue La Fontaine à Paris.


43. Henry Caro-Delvaille (1876-1928)
Ronde de Faunes, vers 1911-1912
Huile sur carton - 128 x 121 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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44. Henry Caro-Delvaille (1876-1928)
Danse affrontée de Faunes, vers 1911-1912
Huile sur carton - 130 x 121 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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45. Henry Caro-Delvaille (1876-1928)
L’Offrande, vers 1911-1912
Huile sur carton - 131 x 121 cm
Saint-Cloud, Musée des Avelines
Photo : Musée des Avelines
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Commissaire : Emmanuelle Le Bail.


Informations pratiques :Musée des Avelines - Musée d’art et d’histoire de Saint-Cloud, 60 rue Gounod, Saint-Cloud. Tél : + 33 (0)1 46 02 67 18. Ouvert du mercredi au samedi de 12 h à 18 h et le dimanche de 14 h à 18 h. Tarifs : entrée gratuite. Site internet.

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