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Une politique d’accrochage au Musée des Beaux-Arts de La Rochelle

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Que d’offres et d’enseignements contrastés nous livrent les musées. – Problèmes d’espace – du toujours plus au toujours moins –, mise en question des réserves : quoi, quand et comment montrer ?, effarante multiplication des prêts aux expositions extérieures, tous les pinceaux, c’est le cas de le dire, s’entremêlent ! Cette année, au cœur de l’été, pour prendre un exemple on ne peut plus consternant, ne voilà-t-il pas qu’une collection entière de musée a disparu à jamais : les peintures du musée de l’île de Tatihou (voir la brève du 19/7/17) ? Parce qu’elles étaient, c’est un comble, quasi inexposées, protégées pouvait-on croire, plutôt reléguées, et ce depuis plusieurs années, dans un local de réserve (ou pseudo-réserve ?) suffisamment incommode ou trop peu accessible pour qu’elles puissent être évacuées à temps lors d’un fatal incendie causé par la foudre (c’est vraiment la faute à pas de chance, antienne toujours facile à invoquer). A quoi bon acquérir et conserver tant d’œuvres parfois laborieusement achetées à des dates récentes si elles ne servaient à rien – être et ne plus être – , quel singulier gâchis ! Exposées au moins en partie, elles n’auraient sans doute pas toutes sombré dans cet anéantissement, étant donné que le reste du musée, avec tout ce qui n’était pas tableau, échappa comme par hasard (providentiel) à l’incendie [1]


1. Marie Renard (1908-1936)
Les pains. 1932
Huile sur toile - 54 x 65 cm
La Rochelle, Musée des Beaux-Arts
Photo : musée de La Rochelle
Voir l´image dans sa page
2. Edouard Henry-Baudot (1871-1953)
La vanne
Huile sur toile - 145 x 125 cm
La Rochelle, Musée des Beaux-Arts
Photo : musée de La Rochelle
Voir l´image dans sa page

Eh bien, pour tirer de tout cela quelque vertueuse leçon de choses, mettons en évidence, opposons même une démarche toute autre, quant à elle résolument concrète et pédagogique, sur la façon d’utiliser les réserves d’un musée. – Le musée comme bénéfique instrument de savoir autant que de plaisir et de liberté, c’est ce que veut proclamer un intelligent établissement (il mérite bien ce louangeur qualificatif) tel que le musée de La Rochelle, en faisant se succéder, année après année, des accrochages temporaires de ses collections de peintures anciennes et modernes, accessoirement de sculptures, dessins et gravures, axés sur un thème donné, soit dans le cas présent l’accrochage n° 11, de septembre 2017 à juin 2018 (voir en note [2] la liste des accrochages déjà opérés). Sous le titre très parlant et si bien trouvé de Palais des sens (les Cinq Sens, d’où une profuse et prévisible variété de représentations), un catalogue illustrant en couleurs toutes les œuvres exposées gardera l’utile souvenir d’une prestation qu’on pourra sans nul doute juger efficace, notamment pour ses choix originaux voire déconcertants, et si les accrochages précédents avaient donné lieu à des livrets d’un format plus modeste, manifestement, et tant mieux, il y eut cette fois plus de moyens pour la…

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