Une grande terre cuite de François Lucas entre au Musée des Augustins

1/8/18 - Acquisition - Toulouse, Musée des Augustins - Parmi les musées les plus actifs dans le domaine des acquisitions, celui des Augustins à Toulouse est sans doute aussi le plus discret. Comme le dit d’un air amusé son directeur Axel Hémery : « nous achetons pas mal de choses, mais pas toujours très cher ». Ceci est la preuve que, même avec un budget faible (il est regrettable que ce musée ne bénéficie pas des moyens qu’une ville de cette taille pourrait lui consacrer) il est toujours possible de faire de bons achats en suivant de près le marché de l’art.


1. François Lucas (1736-1813)
Jean-Charles Ledesmé, baron de Saint-Élix
Terre cuite - H. 191 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Didier Rykner
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C’est ainsi que, depuis quelque temps déjà, le conservateur souhaitait acquérir, auprès de la galerie Ratton-Ladrière à Paris, une très importante sculpture d’un personnage en pied, en terre cuite, grandeur nature : Jean-Charles Ledesmé, baron de Saint-Élix (1721-1806) par François Lucas (ill. 1). Pour compléter le budget d’achat, après avoir âprement négocié son prix, le Musée des Augustins a fait appel au mécénat en septembre dernier, une souscription couronnée de succès. L’œuvre, imposante, a été acquise pour le montant très raisonnable de 75 000 €. 55 000 € viennent de la Ville, de la région et de l’État, tandis que 20 000 € ont pu être réunis grâce à la souscription.


2. Installation de la sculpture de François Lucas
au Musée des Augustins de Toulouse
Photo : Didier Rykner
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François Lucas est l’un des principaux sculpteurs toulousains du XVIIIe siècle. Le musée avait déjà acquis ces dernières années plusieurs de ses œuvres - voir notamment les brèves du 30/4/14 et du 31/10/16 - mais aucune aussi spectaculaire que celle-ci. Le modèle l’avait commandé pour une niche de l’Orangerie de son château, proche de Toulouse. Ayant participé à la guerre de Sept ans (1756-1763), il est représenté en militaire (malheureusement son épée est perdue). L’œuvre était à l’origine peinte en blanc pour donner l’impression du marbre.
Son installation, dans l’ancienne église du couvent des Augustins qui sert de salle d’expositions permanente et temporaires du musée, est particulièrement réussie (ill. 2). Un socle proche de celui que l’on voit dans une photo ancienne, alors que l’œuvre était encore conservée in situ, a été réalisé spécialement, et elle a été ainsi installée en hauteur, comme elle était destinée à être vue. Cette statue profane se trouve désormais devant le reste d’un décor sculpté religieux du XVIIIe siècle.

Nous parlerons, d’ici quelques jours, des nombreuses autres acquisitions effectuées par le musée depuis notre brève du 31 octobre 2016.

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