Une aquarelle de Camille Rogier pour le Musée Victor Hugo

5/9/18 - Acquisition - Paris, Maison de Victor Hugo - Passé à la postérité pour avoir été proche de nombreux écrivains comme Gérard de Nerval ou Théophile Gautier, pas ou peu représenté dans les musées français si ce n’est par ses illustrations d’ouvrages romantiques, Camille Rogier est aujourd’hui encore peu connu, et son œuvre peinte et dessinée l’est plus mal encore. Attiré par l’Orient, il passa trois ans à Constantinople qu’il faisait visiter à ses amis écrivains de passage puis, de 1848 à 1864, s’installa à Beyrouth comme directeur des postes. Gustave Flaubert parle de lui comme d’un « peintre de Paris, un de la clique Gautier qui vit là en orientalisant » [1]. ll fut aussi un collectionneur de peintures anciennes : le Moïse sauvé des eaux de Johann Liss du Musée des Beaux-Arts de Lille, actuellement exposé à Ajaccio (voir l’article), lui appartenait.


Camille Rogier (1810-1896)
Les deux archers, avant 1827
Aquarelle - 25,8 x 18,5 cm
Paris, Maison de Victor Hugo
Photo : Galerie Michel Descours
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L’achat par le Musée Victor Hugo d’une aquarelle de sa main, auprès de la galerie Descours à Lyon, constitue donc un événement notable pour une meilleure appréhension de cet artiste. Celle-ci représente Les Deux archers, un poème extrait des Odes et ballades de Victor Hugo que l’on peut rapprocher du romantisme noir. Il conte l’histoire de deux archers qui, s’arrêtant pour la nuit au pied d’une tour en ruine, sont surpris par Satan « accouru comme un loup par sa proie » et qui les fait disparaître.

« Dès lors, toutes les nuits, aux monts, aux bois antiques,
L’ardent foyer jeta ses clartés fantastiques ;
Des rires effrayaient les hiboux des manoirs
 »

La fin du poème voit le lieu exorcisé.

« Alors tout s’éteignit, flammes, rires, phosphore,
Tout ! et le lendemain, on trouva dès l’aurore
Les deux gens d’armes morts sur la statue assis
 »

L’aquarelle représente le moment précis où le diable va fondre sur ses victimes qui ne se doutent encore de rien et rient en blasphémant. Stylistiquement, cette œuvre est proche de celles des nombreux illustrateurs romantiques tels que Tony Johannot ou Achille Devéria.

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