Un tableau de Pierre-Athanase Chauvin pour Fontainebleau

Didier Rykner

17/11/18 - Acquisition - Fontainebleau, Musée national du château - Des cavaliers suivent une diligence dans un paysage italien escarpé, au fond duquel on voit un village perché sur un plateau. Ce paysage néoclassique est dû au pinceau de Pierre-Athanase Chauvin. Cela pourrait être une scène de la vie quotidienne, même si les militaires de l’escorte à cheval semblent richement habillé, mais il s’agit en réalité d’un épisode historique : l’entrée du roi Charles VIII à Acquapendente pendant les guerre d’Italie. Cette œuvre prépare le tableau commandé par Louis XVIII en 1817 pour le décor de la galerie de Diane à Fontainebleau, aujourd’hui conservé au Musée de l’Hôtel de Ville d’Amboise. C’est donc fort logiquement que le château de Fontainebleau a acquis cette œuvre auprès de Nicolas Joly Art Conseil.


1. Pierre-Athanase Chauvin (1774-1832)
Entrée de Charles VIII à Acquapendente, 1817
Huile sur toile - 55 x 79,8 cm
Fontainebleau, Musée national du château
Photo : Nicolas Joly Art Conseil
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2. Pierre-Athanase Chauvin (1774-1832)
Entrée de Charles VIII à Acquapendente
Huile sur toile - 190 x 280 cm
Amboise, Musée de l’Hôtel de Ville
Photo : Musée de l’Hôtel de Ville d’Amboise
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Le tableau définitif montre une escorte beaucoup plus imposante et digne d’un roi en campagne militaire. L’entrée de Charles VIII dans cette petite ville située à la limite des États pontificaux au nord de Rome eut lieu le 7 décembre 1494.

Paysagiste élève de Pierre-Henri de Valenciennes, Chauvin partie en Italie en 1802, un an avant que la Villa Médicis ne devienne le siège de l’Académie de France, mais à ses propres frais car il n’y avait pas encore de prix de Rome de paysage qui lui aurait permis de concourir. Il y effectua l’essentiel de sa carrière, devenant membre de l’Académie de Saint-Luc en 1813 et se spécialisant dans les vues d’Italie, entre Rome et Naples. Il fut notamment apprécié par Eckersberg qui écrivit dans son journal : « Je désirerais presque donner la prééminence à M.Chauvin, son coloris, ses lointains, bref tout est si bien venu : je n’avais encore jamais vu semblable chose [1]. »

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