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Un point sur les trésors nationaux

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La dernière liste des trésors nationaux publiée par le ministère de la Culture remonte à avril 2019. Nous avons essayé de la compléter jusqu’à aujourd’hui en consultant notamment le journal officiel et en interrogeant les musées, et nous publions ici ce complément (mis à jour le 31/3/22).

La publication au Journal Officiel de l’appel à mécénat d’entreprise pour l’acquisition du tableau de Gustave Caillebotte Partie de bateau ou Canotier au chapeau haut de forme (ill. 1) pour un montant de 43 millions d’euros au profit du Musée d’Orsay est une excellente nouvelle (voir la brève du 12/2/19). Pour des raisons qui nous échappent, ce type d’avis n’est en effet, par expérience, publié que lorsque le mécène est déjà trouvé… On peut donc s’attendre dans les prochaines semaines à l’annonce officielle de l’acquisition de cette œuvre insigne, dont l’exportation aurait signé une nouvelle défaite de nos musées pour la sauvegarde des trésors nationaux.


1. Gustave Caillebotte (1848-1894)
Partie de bateau, dit Canotier au chapeau haut de forme, vers 1877-1878
Huile sur toile - 90 x 117 cm
Collection particulière
Photo : Wikimedia (domaine public)
Voir l´image dans sa page

L’autre tableau de Caillebotte, Le Déjeuner, n’est pas concerné par cet appel à mécénat. En fin de compte, il pourra probablement quitter la France, ce qui est regrettable, même si le plus important à nos yeux était bien Le Canotier. Cette demi-victoire ne saurait néanmoins faire oublier complètement les renoncements que nous avons évoqués à de multiples reprises ici, à commencer par le scandaleux abandon par le ministère de la Culture du Porte-Étendard de Rembrandt, alors que l’argent pour son achat correspondait exactement au montant négocié pour la prolongation de l’utilisation du nom du Louvre par Abu Dhabi (voir l’article).

Parmi les actualités récentes concernant les trésors nationaux, outre l’acquisition probable du Caillebotte, on peut compter la vente du tableau de Chardin, Le Panier de fraises (voir la brève du 20/1/22). Celui-ci (ill. 2), on le sait, a atteint la somme record de 24,3 millions d’euros. Il était vendu sans que le certificat d’exportation ait été accordé puisque celui-ci n’a été demandé qu’une semaine avant la vente. La responsable du service des Musées de France, Anne-Solène Rolland, qui va bientôt quitter son poste, a envoyé une semaine avant la vente un courrier furieux à Artcurial pour protester contre la pratique consistant à vendre une œuvre sans avoir obtenu le certificat. Artcurial nous a dit ne pas souhaiter polémiquer à ce sujet.

À notre avis, cette démarche est à la fois grotesque et contre-productive. D’abord parce que rien dans la loi française n’impose que le certificat soit demandé avant ou après une vente, l’essentiel étant que l’exportation ne puisse être effectuée qu’après la délivrance du certificat. Ensuite, parce que le commissaire-priseur a bien pris soin de préciser - avant la mise en vente - à l’attention des acquéreurs…

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