Un nouveau cartel pour Versailles

Julie Demarle

6/5/19 - Acquisition - Versailles, Musée national du château - La collection de pendules royales du château de Versailles s’enrichit d’un cartel en bronze doré d’époque Louis XVI grâce au don de messieurs Jérôme Plouseau et Christophe Caramelle par l’intermédiaire de la Société des Amis de Versailles. Il a été acquis auprès de la Galerie Paragone à Versailles où son origine a été identifiée par l’expert Vincent Pruchnicki.


Cartel à draperies et vase antique
Cadran au nom de François Caranda (1704-1789)
Bronze doré - 89 x 42 cm
Versailles, Musée national du château
Photo : Versailles, Musée national du château
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Le cadran est signé « Caranda à Versailles ». Issu d’une dynastie d’horlogers installée à Paris dès le début du XVIIIe siècle, François Caranda fut reçu maître en 1741 avant de déposer son bilan en septembre 1760 puis de se rétablir et de devenir « Horloger du roi par livraison ». Il travaille alors pour le Garde-Meuble de la Couronne auquel il livre une dizaine de pendules et de nouveaux mouvements destinés aux boîtes anciennes. Parmi ces livraisons, l’inventaire du château de Versailles dressé entre 1785 et 1787 puis l’état estimatif des meubles établi en 1788 identifient un modèle de cartel dit « à l’antique surmonté d’un vase  » ou « à draperie et tête d’Apollon au-dessous du cadran » semblable à celui qui vient d’être acquis. Il figurait, à la veille de Révolution, dans l’appartement du duc de Normandie - second fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, futur Louis XVII. Ce modèle était probablement en usage dans les appartements des enfants de Louis XVI et de Marie Antoinette de 1786 à la Révolution. Un modèle identique est inventorié en 1787 dans l’appartement de Madame Sophie, leur fille cadette décédée peu avant son premier anniversaire.

Le cadran est enchâssé dans un cartel en bronze doré formé d’ornements à l’antique de feuilles d’acanthe et de draperies. Il est coiffé d’un petit vase à anses, à cannelures, godrons et feuilles d’acanthe qui repose sur un socle encadré de quatre pommes de pin, motif repris par le bouton du couvercle du vase. La partie basse se compose d’une tête d’Apollon. L’origine de ce modèle à la grecque date du règne de Louis XV. Le Journal du Garde-Meuble mentionne sa première livraison le 16 juin 1766 par l’horloger Lépine pour la chambre à coucher de Monsieur le chevalier de Fontanieu au Petit Hotel de Conty.

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