Un Jouvenet acquis par le Musée des Beaux-Arts de Dijon

28/8/19 - Acquisition - Dijon, Musée des Beaux-Arts - L’œuvre avait reparu sur le stand de la galerie Jean-François Heim à la TEFAF en 2018, elle a finalement rejoint les collections du Musée des Beaux-Arts de Dijon, achetée et offerte par les Amis du musée.
Signalée comme perdue dans le catalogue raisonné rédigé par Antoine Schnapper en 1974, Vénus dans la forge de Vulcain est une composition de Jean Jouvenet qui ne fut longtemps connue que par une gravure de Louis Desplaces et par plusieurs copies. L’écriture de la gravure précise « J. Jouvenet pinxit 1703 ». Le tableau correspond peut-être à celui qui fut exposé au Salon de 1704 « Vénus qui engage Vulcain de faire des armes pour Énée ». Néanmoins le même sujet peint par Jouvenet est également signalé au Salon de 1699.


Jean Jouvenet (1649-1717)
Vénus dans la forge de Vulcain, vers 1699
Huile sur toile - 110 x 85 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-François Heim
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Un composition similaire, mais de taille réduite, également passée par la galerie Jean-François Heim en 2002 et ajoutée par Christine Gouzi dans la réédition du catalogue raisonné en 2010, fut considérée par Antoine Schnapper comme une répétition du tableau de Dijon, réalisée par Jouvenet avec l’aide de son atelier. Peut-être est-ce cette deuxième œuvre qui fut exposée en 1704, tandis que la grande pourrait avoir été présentée en 1699.

On sait que cette toile a appartenu à Laurent Grimod de La Reynière, Fermier général, qui possédait aussi une Élévation en croix de Jouvenet. Elle fut vendue à la mort de celui-ci en 1793 et décrite précisément à cette occasion. Il passa alors entre les mains du peintre, collectionneur et marchand Jean-Baptiste-Pierre Lebrun.

L’artiste joue sur le contraste entre les dieux, la matière et la nuée : Vénus éthérée, baignée de lumière surgit dans l’antre de Vulcain parmi les forgerons et les armes. Antoine Schnapper admire le traitement réaliste des outils : « l’enclume, les marteaux, l’étau, l’établi de Vulcain, le chien endormi son des morceaux d’une singulière densité, sans précédent dans la peinture français depuis les Le Nain ». Christine Gouzi note son coloris exceptionnel, ce clair-obscur qui met en valeur Vénus, la couleur mauve de son vêtement qui rappelle la palette de Titien ou celle de Véronèse, une influence que l’on retrouve dans d’autres œuvres de l’artiste.

Pour son morceau d’agrément à l’Académie en 1717, Jean Restout, élève et neveu de Jouvenet, réalisa une peinture sur le même sujet, proche de celle-ci.

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