Un combat de coqs de Constantin Meunier pour Bruxelles

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7/8/26 - Acquisition - Bruxelles (Ixelles), Musée Meunier - Constantin Meunier partit pour l’Espagne à la demande du gouvernement belge qui le chargea de copier, à Séville, la Descente de croix peinte en 1547 par le Flamand Pieter De Kempeneer autrement appelé Pedro de Campaña. Le séjour dura quelques mois, de l’automne 1882 au printemps 1883, l’artiste en profita pour capturer le spectacle ambiant, celui de la rue et du quotidien, les danseuses de flamenco dans les cafés et les ouvrières de la manufacture de tabac, les processions religieuses du Vendredi Saint et les parieurs agglutinés autour d’un combat de coqs.


1. Constantin Meunier (1831-1905)
Le Combat de coqs, 1883
Huile sur toile - 50 × 67 cm
Bruxelles, Musée Meunier
Photo : De Vuyst

C’est justement une scène de gallodrome qui a rejoint les collections belges (ill. 1). L’œuvre était incluse dans le catalogue de la vente De Vuyst, organisée le 28 février dernier à Lokeren, mais elle n’apparaît pas dans les résultats des enchères. Elle a été, depuis, acquise par le Fonds Isabelle et Philippe Dewez, qui l’a confiée aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, et se trouve désormais au Musée Meunier à Ixelles. Rappelons que le Fonds Dewez, au sein de la Fondation Roi Baudouin, se donne pour objectif de transmettre les œuvres d’art aux générations futures en les mettant à disposition des musées belges.


2. Constantin Meunier (1831-1905)
Combat de coqs en Espagne, 1883
Huile sur toile - 98 x 134 cm
Collection de la Province du Brabant wallon
Photo : Province du Brabant wallon

Ce combat de coqs est probablement préparatoire à une peinture, de plus grand format et plus achevée, conservée dans les collections de la Province du Brabant wallon (ill. 2) et présentée notamment en 2013 dans l’exposition « D’ici de-là. Collection de la Province du Brabant wallon » au Musée de Louvain-la-Neuve, aujourd’hui Musée L.
L’acquisition d’une esquisse peinte permet d’autant mieux de documenter le travail de l’artiste qu’elle rejoint dans les collections deux dessins préparatoires à la même peinture : une mise en place globale de la composition (ill. 3) et des études de têtes. La peinture, suffisamment avancée pour fixer l’organisation générale de la scène, mais encore assez libre pour laisser apparaître les hésitations et les transformations de la composition, illustre ainsi une étape supplémentaire dans le processus créatif de Meunier.


3. Constantin Meunier (1831-1905)
Combat de coqs en Espagne, 1882-1883
Crayon noir rehaussé d’encre sur papier - 18,7 x 26,2 cm
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
Photo : Grafisch Buro Lefevre, Heule

Il ne fut pas le seul à s’emparer du sujet : deux de ses compatriotes, Émile Claus et Rémy Cogghe représentèrent à la même époque et dans des tableaux très comparables, un combat de coqs. Mais alors qu’ils concentrent l’attention sur les deux animaux, Meunier s’intéresse aux spectateurs, dont la frénésie est renforcée par leur disposition circulaire, scandée par les cercles de leurs chapeaux et par les lignes dynamiques de leurs bras tendus. Le contraste des trois hommes endormis sur leur chaise, présentés au centre, de face, est savoureux.
Une exposition en 2008-2009, aux Musées royaux des Beaux-Arts s’était arrêtée sur le séjour sévillan de l’artiste, intitulée « L’ouverture andalouse ». Par la suite, Meunier se consacra davantage à la sculpture.

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