Un appel au mécénat pour acquérir un chef-d’œuvre d’Émile Bernard

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

6/11/18 - Mécénat - Paris, Musée d’Orsay - De pieuses Bretonnes ont été peintes par Paul Gauguin et par Emile Bernard sur des fonds de couleurs complémentaires, l’un rouge, l’autre vert. Les deux tableaux, réalisés en même temps, sont comme des pendants : la fameuse Vision après le Sermon et Le Pardon sont célèbres parce qu’ils marquent l’apparition du synthétisme, mais aussi la rupture entre les deux peintres. Ils travaillèrent côte à côte à Pont-Aven et se disputèrent la paternité du « symbolisme pictural ». Du moins Bernard a-t-il contesté à Gauguin la préséance que la critique lui accordait. André Cariou a depuis levé le doute, notamment dans l’ouvrage qu’il consacre à Gauguin et l’école de Pont-Aven (voir l’article).


Emile Bernard (1868-1941)
Le Pardon. Les Bretonnes dans la prairie, 1888
Huile sur toile - 74 x 93 cm
Collection Samuel Josefowitz
Photo : Collection Samuel Josefowitz
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Si le tableau de Gauguin est perdu pour la France, conservé à la
National Gallery of Scotland d’Edimbourg, celui d’Emile Bernard se trouve dans la collection de Samuel Josefowitz, décédé en 2015 ; un ensemble très riche en peinture synthétique et nabie, dont deux œuvres ont d’ailleurs été achetées récemment par le Musée de Pont Aven (voir la brève du 29/5/18).
Le Pardon, également intitulé Bretonnes dans la prairie, est à vendre et le Ministère de la culture a lancé le 21 octobre dernier un appel au mécénat auprès des entreprises afin de l’acquérir pour le Musée d’Orsay [1]. Le tableau est certainement, comme l’explique cet avis, « une œuvre majeure de la modernité picturale et un tournant dans l’histoire de la peinture », il n’en reste pas moins que son prix, quatre millions d’euros, est extrêmement élevé pour un Émile Bernard.

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