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Sacrée architecture. La passion d’un collectionneur

Cassel, Musée de Flandre, du 15 février au 30 août 2020. L’exposition, après la fermeture due à l’épidémie, rouvre le 19, jusqu’au 30 août.

1. Vue de l’exposition Sacrée architecture à Cassel
Photo : Musée de Flandre
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C’est dans une belle scénographie épurée [1], évoquant quelque architecture religieuse, que le Musée de Flandre de Cassel a choisi de déployer une cinquantaine de tableaux flamands et hollandais tous prêtés par un collectionneur souhaitant rester anonyme, qui a réuni depuis la fin des années 1970 un ensemble de vues d’intérieurs d’églises. L’exposition (ill. 1) - le musée rouvre le 19 mai - se voit curieusement agrémentée de deux sculptures du facétieux artiste belge Wim Delvoye, dont l’une vient d’être acquise par le musée de Cassel, mais qui détonent plus qu’autre chose au sein des tableaux, malgré la réelle fascination de leur créateur pour l’ornement architectural gothique, fréquemment réutilisé dans ses œuvres. Leur éclat rend presque fade les peintures dont l’alignement sur les cimaises peine quelque peu à convaincre : si une telle exposition semble pourtant une première, le discours qui l’accompagne aurait mérité d’être bien plus étoffé.

L’amateur risque de repartir déçu par la qualité très inégale des œuvres présentées tandis que le néophyte n’aura hélas eu qu’un aperçu tronqué de ce qui constitua un thème privilégié pour certains artistes flamands et hollandais. Si les noms présentés ne sont pas les plus célèbres de l’histoire de l’art, surtout pour le grand public, l’exposition prend cependant soin de rappeler le contexte historique qui vit naître ces représentations mêlant le pittoresque à l’ultra-précision, notamment dans les vues perspectives. Le parcours s’appuie, sans doute exagérément, sur la traditionnelle opposition entre représentations flamandes et hollandaises : ces dernières sont, indéniablement, les plus prisées de nos jours tant la peinture hollandaise porta à sa perfection ce genre né de l’art flamand. Il faut tout de même posséder quelques notions d’histoire religieuse, politique et culturelle pour bien saisir la crise qui opposa protestants et catholiques dans les provinces des anciens Pays-Bas au XVIe et au XVIIe siècle. Se proposant de retracer la genèse et le succès d’un genre pictural, l’exposition doit se contenter de citer certains artistes essentiels comme Hans Vredemans de Vries ou Pieter Saenredam, malheureusement absents de l’ensemble réuni par le collectionneur.


2. Hendrick van Steenwijck l’Ancien (1550-1603)
Intérieur d’une cathédrale gothique
Huile sur bois - 64,5 × 77 cm
Collection privée
Photo : service de presse
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3. Hendrick van Steenwijck le Jeune (1580-1640)
Intérieur d’une cathédrale gothique, 1597
Huile sur cuivre - 44,4 × 60,5 cm
Collection privée
Photo : service de presse
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Le public peut cependant découvrir Hendrick van Steenwijck - l’Ancien - qui travailla aux côtés d’Hans Vredemans de Vries et se spécialisa, comme son fils, dans les intérieurs d’églises : dans leurs tableaux (ill.

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