Restauration d’un tableau de Jean-Joseph Ansiaux

6/6/18 - Restauration et mécénat - Paris, chapelle Sainte-Thérèse - En 2017, Philippe Mendes, qui dirige la galerie du même nom à Paris, voulait financer la restauration d’un grand tableau du XIXe siècle, classé monument historique, appartenant à la Maison Marie-Thérèse à Paris, qui dépend de l’archevêché. Mais il eut la surprise d’y découvrir un tableau italien inédit identifié comme un Domenico Piola, et il décida alors de prendre d’abord en charge la restauration de celui-ci (voir la brève du 4/9/17).
Il n’a cependant pas oublié la toile de Jean-Joseph Ansiaux dont il a finalement, quelques mois plus tard, également pris en charge la restauration.


1. Jean-Joseph Antoine Ansiaux (1764-1840)
L’Annonciation, 1823
Huile sur toile - 135 x 175 cm
Paris, Chapelle Sainte-Thérèse (Infirmerie Marie-Thérèse)
Photo : Domaine public
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Né à Liège, après une première formation dans l’Académie de cette ville, il se rendit à Paris où il devint l’élève de François-André Vincent en 1783. Il fit toute sa carrière dans la capitale française où il exposa au Salon régulièrement entre 1793 et 1838, tant des portraits que de grands tableaux mythologiques et religieux. L’Annonciation (ill. 1), commandée pour la chapelle de l’Infirmerie Marie-Thérèse par Madame de Chateaubriand, datée de 1823, fut montrée au Salon de l’année suivante. Son style témoigne d’un courant fréquent dans l’art français sous la Restauration, notamment chez certains élèves de David, que l’on pourrait qualifier de néo-atticisme tant il se réfère à la peinture des années 1640. Cette Annonciation, qui n’est pas un pastiche et porte bien la marque de son époque, s’inspire néanmoins très fortement d’artistes tels qu’Eustache Le Sueur et Philippe de Champaigne.

Ansiaux fait partie de ces innombrables peintres d’histoire très peu connus et pourtant remarquables, actifs en France au XIXe siècle. Il n’a pas eu la chance d’être étudié dans le Renouveau de la peinture religieuse au XIXe siècle de Bruno Foucart qui a pourtant redécouvert tant d’artistes. Il n’y est qu’à peine cité tandis que d’autres peintres proches de lui tels Alexandre Caminade ou Jean-Pierre Granger (des élèves de David) ont droit à des développements plus importants [1] .
Les églises françaises, mais aussi la cathédrale de Liège, sa ville natale, conservent pourtant de nombreux tableaux de sa main. Nous en avons répertoriés plusieurs dans notre base Stella dont deux sont reproduits : Le Christ cloué sur la croix de l’église de Saint-Germain-en-Laye et L’Adoration des Mages de l’église Notre-Dame-de-la-Couture au Mans. Les trois tableaux de la cathédrale de Liège [2] peints en 1811 témoignent des liens que l’artiste, qui signait parfois « Ansiaux de Liège », avait gardés avec sa ville natale.


2. L’Annonciation d’Ansiaux et son cadre restaurés
exposés galerie Mendes
Photo : Didier Rykner
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Le tableau a été restauré par Catherine Huisse. Il a été nettoyé, les repeints assez nombreux ont été enlevés, les soulèvements ont été refixés, les lacunes comblées et la couche picturale a été réintégrée. Le cadre, qui était trop étroit et cachait les deux côtés de la toile, a été agrandi et restauré (ill. 2). Ce chef-d’œuvre de la peinture religieuse du XIXe siècle est exposé jusqu’à la fin du mois de juin galerie Mendes, 36 rue de Penthièvre dans le 8e arrondissement, avant de rejoindre définitivement sa chapelle boulevard Raspail.

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