Avant Rouen, le triste exemple de la CCI de Caen

Guy Morizet et Jacques Laloue
Ferronerie de Raymond Subes
Escalier de la CCI de Caen, 1952
détruite en 2002
Photographe non identifié
Voir l´image dans sa page

6/6/18 - Patrimoine - Rouen, Palais des Consuls - La triste affaire de la CCI de Rouen (voir l’article ici et signer notre pétition là) démontre malheureusement que souvent l’expérience ne sert à rien. Le ministère de la Culture et son antenne régionale la DRAC Haute-Normandie (aujourd’hui DRAC Normandie) auraient pourtant pu, depuis longtemps, imposer le classement du Palais des Consuls. Ils auraient dû, surtout, se rappeler du triste exemple de la CCI de Caen, non loin de Rouen donc, qui a subi peu ou prou les mêmes avanies en 2002, tout récemment donc.

Nous remercions Clair Morizet de nous avoir signalé cette histoire qui concerne un bâtiment construit, comme le Palais des Consuls, après la Seconde guerre mondiale, par son père, l’architecte Guy Morizet, et son associé Jacques Laloue. Menacé par la vente par la CCI à Bouygues Immobilier qui souhaitait le transformer en hôtel, le monument allait faire l’objet d’une instance de classement. La notification n’a pas été faite à temps au promoteur qui s’est empressé d’en détruire le plus bel élément, son escalier hélicoïdal « d’un dessin et d’une réalisation technique très novateurs pour l’époque ». Ses éléments de ferronnerie avaient été réalisés par… Raymond Subes. Son mobilier a par ailleurs été dispersé.
Depuis, comme nous le rappelle Clair Morizet, le projet d’hôtel a échoué et le bâtiment a été plusieurs fois revendu « perdant à chaque fois un peu plus de son identité ».

Un monument de la Reconstruction remarquable, un escalier à préserver, des ferronneries de Raymond Subes, la CCI qui le revend, un projet d’hôtel… Les analogies avec la situation rouennaise sont innombrables. Pourquoi, entre ce lamentable fiasco datant de 2002 et 2018, le ministère de la Culture n’a-t-il pas engagé la protection monument historique de la CCI de Rouen alors qu’il était encore facile de le faire ? Pourquoi, depuis le vote il y a plus d’un an de la possibilité de classer des ensembles mobiliers in situ n’a-t-il rien fait pour préserver le mobilier restant et les luminaires du Palais des Consuls d’une nouvelle dispersion ? Ce dossier prouve, contrairement aux idées reçues, la chronique sous-protection dont souffre le patrimoine français.

Il n’est pas trop tard, encore, pour agir. Mais le temps presse. Signez notre pétition pour demander d’urgence l’instance de classement puis le classement de ce monument (ainsi qu’une attention particulière à ce que l’escalier ne soit pas détruit pour mettre le ministère devant le fait accompli).

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