Préemptions, et absences de préemptions

Didier Rykner
1. Augustin Pajou (1730-1809)
La Famille du satyre ou
L’Enfance de Bacchus, 1755
Graphite, sanguine, plume et encre brune, lavis brun et de sanguine, rehauts de gouache blanche - 41,9 x 56 cm
Préempté par le Musée du Louvre
Photo : Christie’s
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27/3/19 - Acquisitions - Paris, Musée du Louvre et bibliothèque-musée de l’Opéra - Alors que de nombreuses ventes aux enchères se déroulaient aujourd’hui, seules deux préemptions ont été faites par les musées français, sauf erreur de notre part. Le Louvre d’abord a acquis chez Christie’s une des feuilles de la collection Jean Bonna, un dessin représentant une scène mythologique, La Famille du satyre, également connue sous le titre de L’Enfance de Bacchus (ill. 1), pour la somme de 67 500 € avec les frais. Cette œuvre fut réalisée à Rome en 1755, alors que le sculpteur, qui avait obtenu le prix de Rome en 1748, n’était âgé que de vingt-cinq ans. Il s’agit d’une grande feuille, très aboutie. Le Louvre, s’il ne possède pas beaucoup de dessins de Pajou, conservait néanmoins déjà un Diomède assailli par les Troyens, son écuyer tué à côté de lui, également fait à Rome une année plus tard, d’une composition encore plus aboutie.
On espérait le Louvre pour au moins un autre lot, chez Artcurial cette fois, mais il faut croire que la belle série d’acquisition de primitifs français est terminée, puisqu’à seulement 300 000 € (prix marteau) le musée n’a pas souhaité acquérir le tableau, sans doute amiénois ou bourguignon, de la collection Lafarge. Celui-ci a été vendu à l’étranger, et il est peu probable qu’il puisse désormais entrer dans un musée français…


2. Giambologna (1529-1608) et
Antonio Susini (actif à partir de 1572-1624) ?
Allégorie de l’Architecture
Bronze - H. 35 cm
Vendu le 27/3/19 chez Artcurial
Photo : Artcurial
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[Correction le 28 mars : nous signalions que le Musée des Arts décoratifs avait voulu acquérir une petite sculpture de Cros. Nous étions en effet dans la salle lorsque après une enchère longue à venir, le sous-enchérisseur a déclaré que cela était pour le Musée des Arts décoratifs (afin de décourager le dernier acheteur). Manifestement, ce sous-enchérisseur était un mythomane, car le musée vient de démentir cela. Nous sommes désolés d’avoir, bien involontairement, diffusé une fausse information... Précisons toutefois que nous avons interrogé le MAD via un tweet, qui n’a pas dû le voir et ne nous a pas répondu.]
Signalons aussi pour la petite histoire qu’un bronze identifié comme florentin, vers 1600, d’après Giambologna, et estimé seulement 30 000 à 50 000 euros, s’est envolé à 3,8 millions (avec les frais). Il semble qu’il s’agissait en réalité d’une fonte d’Antonio Susini, quand il travaillait dans l’atelier de Giambologna (ill. 3). Il paraît que Fernand Lafarge avait toujours pensé que l’œuvre était authentique, ce qui prouve la sûreté de son goût que nous avons pu découvrir lors de cette vente, qui a d’ailleurs était un très grand succès.


3. Isidore Pils (1813-1875)
La ville de Paris recevant les plans du nouvel Opéra
Plume et encre brune, lavis bruns, rehauts de gouache blanche - 36,5 x 68 cm
Préempté par la bibliothèque-musée de l’Opéra
Photo : Pescheteau-Badin
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Enfin, la Bibliothèque nationale de France a préempté chez Pescheteau-Badin à l’hôtel Drouot, pour le compte de la bibliothèque-musée de l’Opéra, un dessin très pictural d’Isidore Pils (ill. 4), préparatoire à La ville de Paris recevant les plans du nouvel Opéra, voussure ouest du plafond du grand escalier de l’Opéra de Paris, pour 6 804 € frais compris.

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