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Peintres femmes (1780-1830)

Paris, Musée du Luxembourg, du 3 mars au 25 juillet 2021

Le propos de cette exposition n’est pas tant de démontrer que les femmes furent injustement évincées de la scène artistique à leur époque, mais plutôt à la nôtre. C’est l’histoire de l’art qui aurait rendu « invisibles » nombre de femmes peintres, alors qu’elles jouissaient d’une reconnaissance certaine en leur temps.
Certes, elles furent empêchées de bien des manières sous l’Ancien Régime et même après la Révolution : maintenues dans la sphère domestique, elles avaient un rôle d’épouse et de mère à tenir, la formation artistique à laquelle elles avaient accès était limitée, et les genres auxquels elles furent reléguées étaient considérés comme mineurs, c’est-à-dire le portrait, le paysage et la nature morte. Elles furent nombreuses pourtant à peindre avec succès. Mais les historiens n’auraient soi-disant retenu que le grand genre de l’histoire et les grands hommes qui le pratiquèrent. Tel est le propos de Martine Lucas, commissaire de l’exposition du Musée du Luxembourg, qui souhaite rappeler la place qu’occupaient les femmes peintres entre 1780 et 1830, et la féminisation progressive du monde des arts.

Les femmes ont-elles vraiment été mises de côté par l’histoire de l’art ? Sans doute n’ont-elles pas toutes fait l’objet d’expositions monographiques, à part les plus connues, telles Vigée Le Brun (voir l’article) ou Marguerite Gérard (voir l’article). Mais c’est le cas de bien des artistes du XIXe siècle qui mériteraient d’être mis en valeur, qu’ils soient hommes ou femmes. Songeons - ce n’est que quelques exemples - à Nicolas-Didier Boguet, à Philippe Chéry, aux frères Franque, à Jean-Joseph Taillasson ou Jean-Baptiste Wicar... Et si beaucoup des créatrices montrées dans cette exposition ne sont pas connues du grand public, elles le sont des historiens.

Le parcours commence avec Élisabeth Vigée Le Brun (ill. 1) et l’Académie royale de peinture et de sculpture qui décida en 1770 de limiter ses membres féminins au nombre de quatre. La présence des femmes à l’Académie fit débat. Elles n’étaient pas admises aux séances de dessin d’après modèle vivant - étudier le nu pour ces dames était parfaitement indécent - , la peinture d’histoire leur était donc difficilement accessible, et elles étaient bien évidemment exclues du Prix de Rome.
Élisabeth Vigée Le Brun et Adélaïde Labille-Guiard firent donc partie des rares femmes à être admises à l’Académie, elle le furent la même année, en 1783. Labille-Guiard présenta en guise de morceau de réception le portrait au pastel du sculpteur Augustin Pajou qui fut largement salué. Quant à Vigée Le Brun, le registre ne précise pas dans quelle catégorie elle fut reçue, mais elle présenta une allégorie de La Paix ramenant l’Abondance, soucieuse de montrer son aptitude à peindre l’histoire.


1. Elisabeth-Louise Vigée Le Brun (1755–1842)
Autoportrait de l’artiste peignant le portrait de l’impératrice Elisaveta Alexeevna, 1800
Huile sur toile - 78,5 x 68 cm
Saint-Petersbourg, Musée de l’Ermitage

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