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Non au bassin de Saint-Germain-en-Laye, oui à Chantilly et à Vaux-le-Vicomte !
On connaît les projets de reconstruction d’édifices détruits depuis un siècle ou plus. Voilà désormais celui de la construction d’un bassin qui a disparu depuis plus de trois siècles, et qui peut-être même n’a jamais existé, le grand bassin du parc de Saint-Germain-en-Laye. Car si on le voit sur certaines gravures (ill. 1), il est possible que celles-ci reflètent un état idéal, projeté comme cela est souvent le cas. En réalité, aucune preuve de son existence n’a jamais été apportée (aucune archive écrite ni aucun témoignage fiable ne le prouve), l’aménagement du parc ayant été abandonné par Louis XIV en 1682 lorsque celui-ci choisit Versailles comme résidence. On mesure donc l’urgence et la pertinence de la chose.
Vue du château vieux de Saint-Germain-en-Laye, côté jardins
Estampe
Londres, Victoria & Albert Museum
Photo : Victoria & Albart Museum
Photo : Fondation du Patrimoine
Le promoteur de cette brillante idée est la ville de Saint-Germain-en-Laye, avec l’aide (la complicité aimerions-nous écrire) du ministère de la Culture, puisque l’on est ici sur un domaine national.
Que cet endroit, qui se trouve au bout du Grand Parterre (ill. 2), au croisement de l’allée Louis XIV et de l’allée Dauphine (ill. 3) ne soit pas le plus accueillant du parc (ill. 4), c’est indéniable. Mais il était très simple de l’aménager, en y créant une pelouse, avec quelques parterres de fleurs. C’eût été trop facile, et pas assez prestigieux. On a donc pris le prétexte de l’inachèvement de ce lieu, depuis trois siècles et demi, et comme si l’environnement n’avait pas quelque peu évolué (on est à la lisière du parc, qui a été grignoté par la ville) pour « reconstruire » quelque chose qui n’a jamais été construit.