Musée de Picardie : le diable est dans les détails

Didier Rykner
Musée de Picardie d’Amiens
Façade avec sa grille d’honneur
État actuel
Photo : Didier Rykner
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5/4/13 - Patrimoine - Amiens, Musée de Picardie - Nous n’avons eu directement aucune réaction de la direction du Musée de Picardie à notre article consacré à sa restauration et à son extension, où nous exprimions notre inquiétude (partagée notamment par la Société des Antiquaires de Picardie) pour la façade de l’édifice pourtant classé aux monuments historiques.

En revanche, celle-ci nous a répondu par Courrier Picard interposé, et ses remarques sont encore plus désarmantes que ce qu’elle nous avait confié lors de notre venue à Amiens.
Dans cet article paru hier [1], Sabine Cazenave explique en effet que : « Maintenir les grilles en l’état, ça représente pour certains un espace interdit au public ».
Diantre ! Quel mépris pour le public qui ne serait ainsi pas capable de comprendre qu’il peut accéder au musée parce qu’il y a des grilles. On s’étonne que le jardin du Luxembourg soit si fréquenté : il est entouré de grilles ! Ou que les visiteurs de Versailles parviennent à comprendre qu’ils peuvent - mais oui - entrer dans la cour d’honneur, pourtant fermée d’une grille qui ne coulisse pas ! Vite, supprimons toutes les grilles autour des monuments publics (ou faisons les coulisser).

Mieux vaut répondre par l’ironie à un tel argument. Mais que penser de celui d’Alain David, élu en charge de la Culture à Amiens Métropole, qui estime que les architectes ont « déjà fait des concessions ». Des architectes intervenant sur un bâtiment classé ne sont pas là pour faire des « concessions », ils sont là pour respecter ce qui est protégé au titres des monuments historiques.
Sabine Cazenave et Alain David s’accordent à dire que par rapport au chantier global, c’est « bien peu de choses » et qu’il s’agit de « détails ». Nous ne sommes pas loin d’être d’accord avec eux : l’essentiel du projet n’est pas là, et puisqu’il s’agit de détails pour lesquels ils sont par ailleurs incapables de nous donner une explication qui se tienne, ils devraient y renoncer rapidement.

Car ce qui est, en revanche, inacceptable, c’est l’argument que l’on voit venir : si la rénovation du musée - indispensable de l’avis de tous et du nôtre - était menacée, ce serait la faute de ceux qui refusent ces modifications.
Bien au contraire : ce sera en s’arcboutant sur des travaux inutiles, coûteux et qui vandaliseront la façade que ses promoteurs risquent de mettre en péril un projet indispensable. Ils feraient mieux de renoncer rapidement à « pinailler » sur des « détails » et à se mettre sérieusement au travail sur ce qui n’a déjà que trop tardé : la restauration, l’agrandissement et la réouverture du Musée de Picardie.

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