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Louis Cretey. Un visionnaire entre Lyon et Rome

Didier Rykner

Lyon, Musée des Beaux-Arts, du 22 octobre 2010 au 24 janvier 2011.

1. Louis Cretey (1630/1635 ou 1637-
après 1702)
L’Ascension du Christ
Huile sur toile - 168 x 120 cm
Angleterre, collection particulière
Photo : D. R.
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Voilà une des expositions les plus intéressantes et les plus novatrices que l’on puisse voir actuellement en France. Certes, les spécialistes et certains amateurs éclairés connaissaient Louis Cretey [1]. Mais même eux ne pouvaient soupçonner, à part peut-être le collectionneur et marchand lyonnais Michel Descours qui a prêté pas moins de 14 tableaux, quelle redécouverte ce peintre constituerait.

S’il n’est pas « le plus grand artiste français du XVIIe siècle » comme certains n’hésitent pas à l’affirmer, il est certainement l’un des meilleurs de l’Ecole lyonnaise à une époque qui n’en manquait pourtant pas. C’est surtout l’un des plus originaux, un véritable inventeur de formes, ce qui n’est pas donné à n’importe qui. A ce titre, sa Résurrection du Christ (ill. 1) est un tableau proprement sidérant, qu’on ne peut comparer à rien à cette époque à Lyon, et pas davantage à Rome. Tableau baroque certes, mais dont la composition et les coloris sont radicalement nouveaux et d’ailleurs sans postérité réelle avant le siècle suivant. Il est d’ailleurs révélateur de constater que beaucoup de ses œuvres ont été attribuées à des peintres du XVIIIe siècle, surtout à des Allemands ou des Autrichiens tels que Franz Anton Maulbertsch ou Paul Troger.


2. Louis Cretey (1630/1635 ou 1637-après 1702)
Tobie enterrant les morts
Huile sur toile - 65 x 74 cm
Paris, collection particulière
Photo : Alberto Ricci
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Le tout début de l’exposition est pourtant quelque peu décevant, les trois premiers tableaux sont assez médiocres, même si leur état de conservation peut expliquer cette impression. Ce problème est récurrent dans l’exposition : Cretey peignait gras, avec beaucoup de glacis qui ont parfois mal passé les siècles. La matière picturale est souvent usée, les coloris assombris, ce qui explique largement l’inégalité des tableaux. S’agissant d’une première rétrospective, il était nécessaire cependant de montrer un maximum d’œuvres afin de comprendre l’artiste. Si nombre d’entre elles ont été publiées par Pierre Rosenberg, Lucie Galacteros de Boissier et le regetté Gilles Chomer en 1988 dans un article pionnier de la Revue de l’Art, beaucoup étaient jusque là inédites. Les attributions semblent dans l’ensemble totalement convaincantes, à l’exception peut-être d’un ou deux tableaux.

Son art, nous l’avons dit, est profondément original. Il y a, cependant, des rapprochements possibles avec certains contemporains, essentiellement italiens, notamment Pier Francesco Mola ou Baciccio, cette dernière comparaison paraissant cependant moins probante. Avec des Français également comme Pierre Puget ou même Sébastien Bourdon comme le laisse apparaître un Tobie enterrant les morts (ill. 2). Chercher l’influence de tel ou tel reste cependant un jeu un peu vain. Des…

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