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Une préemption du Mobilier national à la vente Al Thani

1. Manufacture royale de la Savonnerie
Tapis recomposé à partir de deux éléments, 1678
Laine - 445 x 420 cm
Paris, Mobilier national
Photo : Sotheby’s/Art Digital Studio
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26/10/22 - Acquisitions - Paris, Mobilier national - Poursuivant sur sa lancée (voir la brève du 25/10/22), le Mobilier national n’a pas hésité à se positionner en embuscade chez Sotheby’s à l’occasion de la semaine de ventes Al Thani (voir la brève du 11/10/22, où étaient proposées plusieurs pièces textiles exceptionnelles dont la première était un séduisant tapis (ill. 1) composé en réalité de deux fragments d’un autre tapis ! Celui-ci était déjà passé plusieurs fois en vente au cours des dernières années : à l’hôtel Drouot en 1981, chez Sotheby’s à Monaco en 1983, chez Christie’s à New York en 1996 et enfin chez Sotheby’s à Londres en juillet 2016, où il avait donc été acquis 341 000 £ avec les frais pour la collection Al Thani. Cette pièce n’était donc pas inconnue des spécialistes, d’autant que son historique est fort bien connu : il s’agit d’un vestige de la plus importante commande de tapis du Grand Siècle français, les quatre-vingt-treize tapis destinés à la Grande Galerie du Louvre, dite « galerie du Bord de l’eau ». Comme l’expliquait à l’automne 2019 l’exposition Créer pour Louis XIV : les manufactures de la Couronne sous Colbert et Le Brun (voir l’article), l’administration royale avait décidément mis les moyens.

Jean-Baptiste Colbert, Louis Le Vau et Charles Le Brun œuvraient de concert à la décoration du palais du Louvre, imaginant avec soin l’harmonie générale et l’unité thématique entre les murs, les sols et les plafonds. La commande fut passée en suivant les dimensions de la galerie, qui mesurait 425 m de long, soit 93 tapis de trois à quatre mètres de large et de neuf mètres de long. Répondant à l’architecture comme aux ouvertures, ils devaient ainsi s’orner à leurs extrémités de figures allégoriques en trompe-l’œil - pour ceux…

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