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Le symbolisme en Belgique

Jean-David Jumeau-Lafond

Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts, Musée d’art moderne du 26 mars au 27 juin 2010

Xavier Mellery (1845-1921
L’Eglantier, 1895
Crayon, fusain, or et huile sur
papier marouflé
sur toile - 80 x 57,5 cm ,
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts
de Belgique
(dépôt de Région de Bruxelles Capitale)
Photo : MRMAB 2010
Voir l´image dans sa page

On sait l’importance du rôle joué par la Belgique dans le « mouvement » symboliste, tant littéraire et poétique que pictural. Il était donc bien normal que Bruxelles fût le lieu propice à l’organisation d’une grande exposition consacrée à ce sujet aux Musées royaux des Beaux-Arts, et ce d’autant plus que les collections symbolistes de cette institution étaient, pour diverses raisons, peu ou pas visibles depuis des années. On ne peut donc que conseiller la visite de cette présentation parce qu’on y retrouvera avec plaisir un certain nombre d’œuvres importantes et que l’on y fera quelques découvertes.

Doit-on pour autant considérer cet événement comme une réussite ? Hélas non, parce qu’une exposition n’est pas simplement un alignement de tableaux dans un certain désordre. Il faut dire que le lieu d’accrochage temporaire dont use désormais le musée est pour le moins ingrat. Bunkerisé dans un sous-sol abyssal auquel on doit accéder par un escalier sinistre et à l’architecture prématurément datée, cet espace immense, aux volumes froids, au sol trop clair et au système d’éclairage visiblement peu maniable, n’est guère propice à la subtilité. On peut pourtant toujours adapter un lieu, jouer avec ses défauts, tenter d’en adoucir la dureté ; rien ici n’a permis de l’apprivoiser. La couleur uniformément choisie (à l’exception d’un mur gris) pour présenter les œuvres, un bleu azur très « années 1960 » (un total contresens) écrase les tableaux et n’est, c’est le moins que l’on puisse dire, pas un écrin très subtil pour cet art si complexe et délicat qu’est le symbolisme. Dans cet univers plutôt blafard, où le visiteur est ébloui par les projecteurs tandis que les œuvres, elles, souffrent et sont écrasées, les nombreuses salles deviennent un déambulatoire problématique et peu agréable. Dès l’entrée, après quelques citations littéraires et philosophiques, l’unique texte de présentation de toute l’exposition, après avoir introduit le sujet de manière laconique, promet pourtant au public une sorte de révélation : il justifie en effet l’absence totale d’explications futures (ni textes dans les salles, ni petit journal, ni aucun autre outil d’accompagnement pédagogique, ce qui est quand même inimaginable dans une exposition d’une telle ampleur au sein d’une institution censée être majeure) par le choix d’un seul « récit visuel » centré sur « la force des œuvres » et évoque une « aspiration au silence comme dépassement du langage verbal par essence limité et comme condition d’une pleine réalisation du visible » (sic !). On s’interroge. Toute exposition n’est-elle pas une sorte de récit visuel ? Un appareil explicatif (qu’on peut consulter ou non) s’oppose-t-il vraiment à la démonstration…

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