Le Prado acquiert une œuvre de Damián Forment et de Juan de Juanes

5/3/19 - Acquisition - Madrid, Museo del Prado - Vers 1520, Damián Forment sculpta dans l’albâtre un saint Jérôme pénitent. À genoux devant un crucifix, une pierre à la main pour se frapper la poitrine, il est accompagné du lion qu’il a soigné ; la scène était à l’origine polychrome et dorée. Né à Valence, Forment s’installa à Saragosse, réalisant aussi des œuvres pour les villes de Huesca et de Tarragone, notamment des retables, qui témoignent à la fois de la prolongation du gothique et de l’influence progressive de la Renaissance italienne, notamment florentine.


Damián Forment (1480 - 1540), Juan de Juanes (1503 - 1579)
Oratoire de saint Jérôme pénitent, vers 1520 et vers 1560
Albâtre et huile sur bois, bois doré et polychrome
Madrid, Museo Nacional del Prado
Photo : Prado
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Vers 1560, le propriétaire de ce relief sculpté chargea le peintre Juan de Juanes de lui concevoir un cadre ou plutôt de l’intégrer dans un petit retable afin d’en faciliter la contemplation. L’artiste conçut ainsi un triptyque destiné à la dévotion privée. Le relief au centre est inséré dans une structure inspirée de l’architecture romaine avec un entablement orné d’une frise de triglyphes, et un fronton triangulaire. Juan de Juanes a agrandi la composition du sculpteur dans la partie supérieure. Sur les volets latéraux, il a peint saint Vincent Ferrer et saint Pierre de Vérone, sur les revers, saint Joseph avec l’enfant et saint Luc. On retrouve ces figures dans d’autres peintures de l’artiste.

Cette œuvre, récemment donnée au Prado par la Fondation des Amis du musée, rejoint dans les collections une quinzaine de peintures de Juan de Juanes auquel toute une salle est désormais consacrée au sein du parcours permanent. Juan de Juanes s’appelait en réalité Vicente Juan Macip Navarro, il était le fils de Vicente Masip ; leurs réalisations sont souvent confondues, influencées pour l’une comme pour l’autre par la Renaissance italienne, et plus spécifiquement par l’art de Raphaël.

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