Le Musée des Beaux-Arts de Lyon veut acheter un dessin de Degas

1 1 commentaire

14/11/19 - Mécénat - Lyon, Musée des Beaux-Arts - Les œuvres de jeunesse d’Edgar Degas sont encore marquées par un grand classicisme, et parfois même par l’influence d’Ingres, qui lui fut transmise non seulement par la connaissance directe des œuvres de celui-ci, mais aussi par l’intermédiaire de son maître Louis Lamothe, lyonnais qui fut élève d’Ingres et de Flandrin. Un dessin préparatoire à un projet non achevé de tableau représentant saint Jean-Baptiste et l’ange, datant des environs de 1857 - il a alors 23 ans - est ainsi fortement marqué par le peintre de Montauban. C’est bien à Ingres que l’on pense d’abord en voyant cette feuille, juste avant de comprendre que la manière de dessiner n’est pas exactement la sienne, et que le nom de Degas, le bon, soit celui qui vienne ensuite immédiatement à l’esprit.


Edgar Degas (1834-1917)
Étude de jeune femme nue jouant de la trompe et de deux études
du corps drapé, pour
Saint Jean-Baptiste et l’ange, vers 1857
Crayon graphite - 26,5 x 38 cm
New York, collection particulière
Photo : W. M. Brady & Co
Voir l´image dans sa page

Le Musée des Beaux-Arts de Lyon souhaite acquérir ce dessin qui appartient à une collection particulière new yorkaise et qui est vendu par l’intermédiaire du marchand américain Mark Brady. Mais ayant déjà plusieurs autres achats en vue, il espère pouvoir s’enrichir grâce à un appel au mécénat pour l’intégralité du prix, qui est de 90 000 €. La souscription est organisée par le Cercle Poussin qui réunit un groupe de mécènes créé en 2010. Il ne s’agit donc pas au sens strict d’une souscription (il n’y a pas de site dédié pour les donateurs), les dons sollicités devant être a priori d’au moins 1000 €. Remarquons tout de même que les petits dons sont bien entendu également acceptés. La déduction fiscale habituelle de 66 % pour les particuliers, et de 60 % pour les entreprises s’appliquera.

Le tableau que prévoyait de réaliser Degas avait une iconographie inhabituelle, puisqu’il confondait - sans qu’on en connaisse la raison - le sujet de saint Jean l’Évangéliste accompagné de l’ange du Jugement dernier avec saint Jean-Baptiste. On aurait dû y voir un ange jouant de la trompette accompagnant le jeune saint. On connait environ une quarantaine de dessins qui peuvent être reliés à ce projet inachevé, qui démontrent que la composition évolua largement dans l’attitude des deux protagonistes. L’ange fut d’abord conçu d’après le modèle d’un jeune garçon italien, puis d’une jeune femme. Le dessin que Lyon veut acheter montre celle-ci, nue, jouant de la trompe, et deux études de draperies qui doivent la vêtir. La large réserve à gauche de la feuille, les figures étant repoussées vers la droite, donne un aspect très dynamique à l’ensemble. D’autres dessins pour cette figure sont notamment conservés à l’Ashmolean Museum d’Oxford, à la Kunsthalle de Brême et au Cleveland Museum of Art. On peut se faire une idée du tableau auquel pensait Degas grâce à un croquis d’ensemble de la composition qui se trouve à l’Ashmolean.

Le Musée des Beaux-Arts de Lyon conserve une importante collection d’œuvres impressionnistes. De Degas (qu’on peut d’ailleurs difficilement qualifier ainsi même s’il fit partie de ce groupe), il possède deux tableaux (Danseuses sur la scène et le Portrait de Monsieur Ruelle), mais aussi un dessin et quatre pastels. Tout en complétant ce fonds par une œuvre du début de sa carrière, il témoigne également de l’influence que Louis Lamothe et Hippolyte Flandrin purent avoir sur lui.

Les chèques des dons, crédités à l’ordre de « Fondation Bullukian/Cercle Poussin/Arts graphiques » doivent être adressés avec cette même mention dans l’adresse au 26 place Bellecour 69002 à Lyon. Les donateurs bénéficient, outre la déduction fiscale, d’autres avantages [1].

Didier Rykner

Notes

[1Pour 1000 € : visite privée du cabinet d’arts graphiques du musée, accès illimité au musée pour deux personnes, previews des expositions et invitation au dîner annuel des mécènes ; pour 2000 €, outre les mêmes avantages, une visite particulière des collections du musée avec un conférencier ; pour 3000 €, les mêmes avantages plus les catalogues du musée, et une visite particulière des collections XIXe avec le conservateur.

Mots-clés

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.