Le Dallas Museum of Art achète un tableau de Derick Baegert

Derick Baegert (vers 1440-vers 1509)
La Descente de Croix, vers 1480-90
Huile sur panneau - 158 x 97 cm
Dallas, Museum of Art
Photo : DMA
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12/6/18 - Acquisition - Dallas, Museum of Art - Une Descente de Croix de l’Allemand Derick Baegert a été achetée par le Dallas Museum of Art. Elle avait été repérée lors de la Tefaf de Maastricht en mars dernier sur le stand de la galerie munichoise Daxer & Marschall (Munich). Cette acquisition a été rendue possible grâce à la dotation de 17 millions de dollars annoncée en 2013 par le fonds Marguerite et Robert Hoffman, notamment destinée à enrichir les collections d’art européen avant le XVIIIe siècle du musée.

Peinte entre 1480 et 1490, cette œuvre constituait probablement l’aile intérieure droite d’un grand triptyque qui montrait en son centre une Crucifixion. Plusieurs retables de l’artiste ont été démembrés et se trouvent aujourd’hui dispersés dans différents musées ; le Thyssen-Bornemisza de Madrid conserve par exemple des fragments du retable de l’église Saint-Nicolas de Mathena de Wesel, réalisé en 1477-1478. Le Westfälisches Landesmusuem de Munster conserve notamment une Lamentation dont les figures et la composition sont assez proches du panneau de Dallas. Enfin un retable de la Crucifixion, destiné à l’église Saint-Laurent de Cologne, est aujourd’hui exposé à l’Alte Pinakothek de Munich.

On ne sait pas grand chose de l’artiste sinon qu’il fut actif entre 1440 et 1509 et qu’il avait son atelier à Wesel dans le duché de Clèves, à l’ouest de l’Allemagne, à la frontière des Pays-Bas. Son fils Jan et peut-être son neveu Jan Joest travaillèrent avec lui. Sa première commande importante fut passée par Jean Ier de Clèves (1419-1481) pour le maître autel de l’église de Dortmund où Baegert a probablement vu l’oeuvre de Conrad von Soest.
Il subit indirectement l’influence de Rogier van der Weyden, peintre à la cour de Philippe le Bon qui n’est autre que l’oncle du duc de Clèves. Cette Descente de Croix témoigne en effet de la transition entre le gothique tardif et la Renaissance, ce que Panofsky appelle l’ars nova.

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