La responsabilité directe d’Emmanuel Macron dans la baisse des crédits monuments historiques

Didier Rykner

Nous ne cessons depuis des années, et bien entendu encore davantage depuis l’incendie qui a touché Notre-Dame de Paris, de dénoncer la baisse des crédits consacrés au patrimoine en général et aux monuments historiques en particulier. Nous avions publié fin septembre 2018 (voir l’article) une analyse de ces crédits effectivement dépensés (à ne pas confondre avec les autorisations d’engagement et les crédits de paiement), en comparant aussi leur évolution au cours des dernières années.


Évolution des crédits de paiement utilisés pour la mission patrimoine entre 2011 et 2017
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Nous publions à nouveau ici le tableau que nous en avions tiré et qui montre de manière claire le véritable écroulement des budgets de la direction des patrimoines entre 2012 et 2014. En 2012, François Hollande venant d’arriver au pouvoir, les crédits effectivement dépensés se montaient à 312 millions d’euros pour le patrimoine monumental [1].
En 2014, concrétisant la chute des autorisations d’engagement et des crédits de paiement votés en 2013, ces crédits s’effondrent à 277,8 millions [2], soit pratiquement moins 11% [3].

Qui était alors un proche conseiller du Président de la République François Hollande en charge des dossiers économiques et financiers ? Un certain Macron Emmanuel qui à l’époque était encore peu connu. En août 2014 il devient ministre de l’Économie, de l’industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls, ce qui le rend encore davantage responsable, par solidarité gouvernementale et en raison de son action propre, de ces très fortes baisses des budgets patrimoniaux. Jamais le budget du patrimoine ne s’en est remis, et si les crédits ont remonté par la suite, ils ne sont l’année de sa démission du gouvernement en 2016, que de 301,3 millions d’euros [4], soit moins 3,4% par rapport à 2012 [5] (une diminution encore plus forte si l’on raisonne en euros constants).

Entendre aujourd’hui Emmanuel Macron utiliser l’incendie de Notre-Dame pour se poser en défenseur du patrimoine sans reconnaître le rôle néfaste qu’il a joué dans son affaiblissement est assez sidérant. Il faudra effectivement beaucoup de millions d’euros pour former les compagnons nécessaires à la restauration de Notre-Dame de Paris, afin de retrouver un savoir faire qu’il a largement contribué à faire disparaître en même temps que les entreprises spécialisées qui ont tellement souffert de ces baisses de budget.

Didier Rykner

Notes

[1Ils sont aussi de 398,8 millions pour le patrimoine des musées, et de 15,3 millions pour les acquisitions et enrichissements des collections publiques.

[2335,7 millions pour le patrimoine des musées, et 8,7 millions pour les acquisitions et enrichissements des collections publiques.

[3Moins 15,8% pour le patrimoine des musées et moins 43,1% pour les acquisitions et enrichissements des collections publiques.

[4342,4 millions pour le patrimoine des musées, et 8,8 millions pour les acquisitions et enrichissements des collections publiques.

[5Moins 14,1 % pour le patrimoine des musées et moins 42,5 % pour les acquisitions et enrichissements des collections publiques.

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