La Glyptothèque de Copenhague acquiert un tableau de Rousseau

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

4/12/18- Acquisition - Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek - C’est un portrait d’arbre comme Rousseau sait si bien les faire. Le Chêne de roche a été adjugé 468 500 dollars dans une vente de Christie’s à New York le 31 octobre dernier, et acquis par la Glyptothèque de Copenhague avec l’aide de la New Carlsberg Foundation.


Théodore Rousseau (1812–1867)
Le Chêne de roche, 1860
Huile sur bois - 88,9 x 116,8 cm
Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek
Photo : Ny Carlsberg Glyptotek
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Réalisée en 1860, cette peinture fut la seule que Rousseau exposa au Salon en 1861. Elle fut remarquée par la critique, et plus particulièrement par Théophile Gautier [1] : « L’unique tableau exposé par M. Théodore Rousseau a un aspect étrange. Il ressemble par la tonalité bizarre de ses verts à un bloc de minerai de cuivre. ». Elle ne fit pas l’unanimité et Paul de Saint-Victor [2] s’agaça : « M. Théodore Rousseau n’est pas en progrès ; il peint avec monotonie des sites monotones. Sa touche papillote et pointille ; sa manière tourne au procédé. ». De fait, le maître montre ici ses talents de coloriste en jouant sur toutes les nuances de vert, animées de quelques points rouges formés par le houx, et de notes d’argent et de jaune sur le tronc. La matière est tout aussi importante que la couleur pour rendre à la fois la rugosité de l’écorce et la densité du feuillage qu’il traduit par une touche presque pointilliste, en effet.
Il réalisa une gravure d’après sa peinture pour la Gazette des Beaux-Arts, dont on peut voir des tirages passer sur le marché de l’art.

Le thème de l’arbre est central chez Rousseau qui arpenta la forêt de Fontainebleau, choisissant parfois d’isoler son motif, parfois de le fondre dans la pénombre des bois comme ici. Les musées d’Orsay, de Montpellier ou encore de Reims en conservent de beaux exemples. « J’entendais aussi la voix des arbres, les surprises de leur mouvement, leurs variétés de formes et jusqu’à leur singularité d’attraction vers la lumière . », disait le peintre à son ami Alfred Sensier.

Ce tableau avait déjà été exposé à la Glyptothèque, il faisait en effet partie de l’exposition consacrée à l’artiste en 2016 « Unruly Nature » (voir l’article). Il rejoint dans les collections une petite dizaine d’œuvres de Rousseau, réalisées à différentes époques, qui permettent d’illustrer la variété de son style.

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