Les ventes de décembre à Londres

Didier Rykner
1. Pietro Testa (Lucca 1611 - Rome 1650)
La prophétie de Basilide
Plume et encre brune, rehauts de craie blanche et brune sur papier gris-vert
36,7 x 59,5 cm
Vente Christie’s du 4 décembre 2018, lot n°42
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

4/12/18 – Marché de l’art – Londres – Les ventes aux enchères de décembre à Londres commencent cet après-midi par une vacation assez exceptionnelle de dessins chez Christie’s. Il reste que sa provenance est assez regrettable, car il s’agit de vendre une collection léguée par un ancien élève à son école (la Rugby School) au XIXe siècle, et qui y était conservée depuis. Certes, l’école est privée. Certes, les conditions de conservation n’y étaient sans doute pas les meilleures. Mais il aurait certainement été plus conforme à la volonté du donateur que ces œuvres soient déposées ou cédées à un musée. Le directeur de l’école, dans sa préface au catalogue, ose écrire que la décision de vendre « respecte le souhait de Matthew Holbeche Bloxam, qui a si généreusement donné la majorité de cette vente à l’école ». Non, s’il a donné ces dessins à cette école (ainsi que d’autres objets d’art qui seront également vendus), ce n’est certainement pas pour que celle-ci les mettent à l’encan.


2. Giuseppe Cades (Rome 1750 - 1799)
Trois saints évêques
Pierre noire et rehauts de sanguine
37,3 x 26,3 cm
Vente Christie’s du 4 décembre 2018, lot n°51
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page
3. Giuseppe Cesari, le Cavalier d’Arpin (Arpino 1568 - Rome 1640)
Étude d’homme nu, courant vers la gauche
Pierre noire et sanguine
26 x 20,3 cm
Vente Christie’s du 4 décembre 2018, lot n°93
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Ceci mis à part, il faut reconnaître l’importance de la plupart des feuilles qui, sans nul doute, vont dépasser largement leurs estimations. Beaucoup de ces dessins faisaient partie de la célèbre collection de Thomas Lawrence, le beau-frère de Bloxam qui avait épousé la sœur du peintre, ce qui ajoute la provenance à la qualité.


4. École italienne du milieu du XVIe siècle
Nu masculin
Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun
27,8 x 29,9 cm
Vente Christie’s du 4 décembre 2018, lot n°25
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Si le clou de la vente est un dessin de Lucas van Leyden, nous préférons ici mettre à l’honneur d’autres œuvres, comme une grande feuille de Pietro Testa (ill. 1), plusieurs dessins remarquables et absent de la monographie Arthena par Giuseppe Cades (ill. 2), une belle sanguine du Cavalier d’Arpin (ill. 3) ou encore un dessin italien anonyme du milieu du XVIe siècle (ill. 4), avec une estimation fort basse de 7 à 10 000 £, qui pourrait créer la surprise.


5. Sir Edward John Poynter (Paris 1836 - Londres 1919)
Persée et Andromède
Fusain et craie de couleurs, rehauts de blanc sur papier beige posé sur toile
38,3 x 137,5 cm
Vente Christie’s du 4 décembre 2018, lot n°80
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Ajoutons aussi plusieurs feuilles du XIXe siècle dont celle du préraphaélite Edward John Poynter, Persée et Andromède (ill. 5), qui ne déparerait pas la collection du Musée d’Orsay.


6. Jan Fyt (Antwerp 1611 - 1661)
Paysage boisé avec une nature morte de fruits, un cochon d’Inde et un cacatoès
Huile sur toile
134,6 x 199,4 cm
Vente Christie’s du 6 décembre 2018, lot 27
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page
7. James Ward (Londres 1769 - Chesthunt 1859)
Vue du Somersetshire depuis Fitzhead, fief de Lord Somerville
Huile sur panneau
101 x 170,5 cm
Vente Christie’s du 6 décembre 2018, lot n°28
Photo : Christie’s
Voir l´image dans sa page

Parmi les peintures exposées chez Christie’s, chez qui sera vendu la collection d’Eric Albada Jelgersma, nous retiendrons notamment deux paysages, l’un par Jan Fyt (ill. 6), aux coloris particulièrement raffinés, l’autre par le peintre anglais James Ward (ill. 7).
— -

8. École bolonaise, circa 1680
Le Christ couronné d’épines
Huile sur toile
175 x 140 cm
Vente Sotheby’s du 6 décembre 2018 (day sale), lot n°188
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page


Sotheby’s ne propose pas cet hiver de vente de dessins, mais nous avons retenu, parmi d’autres peintures notables - dont une étude pour une tête de Christ - deux œuvres, l’une qui sera vendu dans la Day Sale, l’autre dans l’Evening Sale.


9. Charles Wautier (Mons 1609 - Bruxelles 1703)
La conversion de Saint Matthieu
Huile sur toile
123 x 146,5 cm
Vente Sotheby’s du 5 décembre 2018, lot n°28
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

La première est un Couronnement d’épines anonyme (ill. 8), placé dans l’école bolonaise du XVIIe siècle. Si nous n’avons pas d’attribution à proposer, sa grande qualité saute aux yeux. Le deuxième est une peinture de Charles Wautiers (ill. 9), le frère de Michaelina Wautiers dont une rétrospective a récemment été organisée à Anvers (voir l’article), qui confirme que l’artiste n’était en rien inférieur à sa sœur (qui a d’ailleurs peut-être participé à ce tableau). Notons qu’une peinture de Michaelina est par ailleurs proposée chez Christie’s, mais sa qualité nous semble inférieure à ses meilleures œuvres.


10. France (ou Venise), XVIIe siècle
Moïse
Bronze
Hauteur : 46,5 cm
Vente Sotheby’s du 4 décembre 2018, lot n°75
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Parmi les sculptures que propose également Sotheby’s, nous avons retenu un bronze (ill. 10), issu de la spoliation d’une collection juive pendant la guerre due à une vente forcée, et restituée par le Museum de Fundatie de Zwolle, au Pays-Bas. Ce Moïse, qui portait une attribution à Alessandro Vittoria, est présenté comme français du XVIIe siècle ce qui ne nous semble pas correct. S’il n’est peut-être pas de Vittoria, il semble effectivement appartenir à l’école vénitienne.


11. Attribué à Valerio Castello (Gênes 1624 - 1659)
L’Adoration des bergers
Huile sur toile
97,5 x 123,3 cm
Vente Bonhams du 5 décembre 2018, lot n°64
Photo : Bonhams
Voir l´image dans sa page

Nous noterons enfin, chez Bonham’s qui propose toujours quelques peintures intéressantes, un tableau de Valerio Castello (ill. 11) qui lui est simplement attribué alors qu’il nous semble parfaitement autographe. Sans doute, après nettoyage, se révélera-t-il une bonne peinture de cet artiste génois du Seicento.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.