La déviation de Beynac : les signes d’une démocratie malade

Didier Rykner 1 1 commentaire

Les jugements rendus dans les affaires des Serres d’Auteuil ou de la Samaritaine laissaient craindre que le recours des associations de protection du patrimoine au Conseil d’État - une institution dont il n’existe aucun équivalent dans les autres pays démocratiques - ne soit définitivement voué à l’échec. Fort heureusement, le bon sens et le droit semblent pour une fois en train de triompher dans une affaire qui a fait beaucoup parler d’elle mais que nous n’avions pas encore vraiment traitée dans La Tribune de l’Art (sauf ici) faute d’avoir pu enquêter suffisamment tôt : la construction de la déviation de Beynac, dans le Périgord. Le Conseil d’État a en effet considéré dans un arrêt du 28 décembre 2018 que ce projet « ne répond pas à une raison impérative d’intérêt public majeur parait, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté » et a donc décidé que l’arrêté du préfet de la Dordogne du 29 janvier 2018, qui autorisait les travaux, était suspendu.


1. Beynac en août 2016
Photo : Didier Rykner
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Depuis, nous nous sommes rendu sur place, nous avons pu visiter les lieux, le chantier et rencontrer les acteurs locaux. Nous n’aurons en revanche aucun écho des promoteurs de ce projet, ni du département de la Dordogne, ni des services du Premier ministre. Germinal Peiro, le président du département nous a fait envoyer le mail laconique suivant : « Nous n’apporterons pas de réponses à vos questions », et le service de communication de Matignon ne nous a jamais répondu.

Rappelons en deux mots de quoi il s’agit. La commune de Beynac, village historique du Périgord, très touristique avec ses maisons médiévales qui s’accrochent à flanc de colline le long de la Dordogne (ill. 1), était traversée par une route trop étroite ce qui occasionnait, essentiellement pendant la période estivale, des ralentissements importants. Le projet de déviation consiste donc à faire passer la route à l’intérieur de la courbe du fleuve passant par Beynac. L’illustration 2 fait comprendre mieux qu’un long discours de quoi il s’agit : créer deux nouveaux ponts sur la Dordogne, le pont du Pech et le pont de Feyrac pour construire une route au sud du village qui permettra d’éviter de le traverser.


2. Plan de la déviation de Beynac établi par les
associations de défense du site
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Ce projet n’est pas nouveau puisqu’il fut imaginé dans les années 1970, dans le cadre de ce qu’on appelait alors la « voie de la vallée ». Mais il fut finalement décidé de faire passer la route par Sarlat, à 8 km au nord, ce qui condamna de facto la construction de cette portion qui n’avait plus vraiment de justification, l’essentiel du trafic routier passant désormais par Sarlat.
C’est Fernand Peiro, le père de Germinal Peiro, qui relança ce projet dans un contexte bien particulier qui permet de mieux comprendre l’acharnement de ce dernier. Fernand Peiro avait en effet décidé de devenir maire de Beynac dont il était originaire. Malheureusement pour lui, il fut battu aux élections de 1971 et comprit qu’il n’y serait jamais élu. Il reporta alors ses ambitions sur le village de Vézac, non loin de Beynac, et n’eut de cesse de vouloir créer cette fameuse déviation dont il espérait qu’elle aurait pour résultat de transférer l’activité économique de Beynac à Vézac. Le projet fut donc relancé, qui donna lieu à trois enquêtes publiques successives. La première, en 1989, rendit un avis favorable, mais le projet fut - déjà - rejeté par le Conseil d’État. En 1993, le rapport fut cette fois défavorable et l’affaire s’arrêta là. Mais une troisième fois, en 2000, le département, à la demande de Fernand Peiro, revint à la charge et les conclusions de l’enquête publique furent à nouveau favorables malgré l’opposition de la grande majorité des personnes y ayant participé. Mais le projet ne fut jamais mené à bout, le président du département d’alors, Bernard Cazeau, se gardant bien de le faire sien. Longtemps du même bord politique que Fernand et Germinal Peiro (il est désormais membre de LREM), il avait conscience - et ne se prive pas aujourd’hui de le faire savoir - que ce projet était parfaitement inutile et nuisible.


3. Monument à Fernand Peiro
Mairie de Vézac
Photo : Didier Rykner
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Cet échec était celui, personnel, de la famille Peiro. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, et Germinal Peiro reprit à son compte le combat de son père. La déviation de Beynac devait se faire, peu importe qu’elle soit ou non nécessaire.
Il faut se rendre à la mairie de Vézac pour mieux comprendre la psychologie à l’œuvre dans cette affaire. On y voit un monument ridicule à la gloire de Fernand Peiro (ill. 3), édifié par la commune après le décès du maire, où la rose socialiste se mêle à quantité de symboles maçonniques. Son fils ne se cache d’ailleurs pas de son appartenance à la franc-maçonnerie, ce qui fait dire à ses adversaires que celle-ci n’est pas étrangère à la relative facilité avec laquelle il a pu obtenir les autorisations nécessaires au projet.


4. Château de Castelnaud
Novembre 2018
Photo : Didier Rykner
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Car malgré toutes les raisons qui auraient dû conduire à son abandon définitif, les travaux menés depuis quelques mois, hélas très avancés même s’ils sont désormais stoppés, ont pu être menés légalement. Sur la base d’une déclaration d’utilité publique datant de… 2001, soit il y a près de vingt ans ! Selon Kléber Rossillon, propriétaire du château de Castelnaud (ill. 4) non loin de Beynac, l’un des plus farouches opposants à cette déviation, la signature du commissaire-enquêteur de l’époque sur l’enquête publique (la troisième à avoir été réalisée donc) aurait été fièrement encadrée de trois points, symbole maçonnique. Nous n’avons pu le vérifier car nous n’avons pas retrouvé ce document. Il reste qu’après son accession à la présidence du département le 2 avril 2015, Germinal Peiro reprit le dossier là où il était resté.


5. Beynac en novembre 2018
Les travaux d’élargissement de la route qui traverse le village sont achevés
Photo : Didier Rykner
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Mais depuis 2001, bien des choses ont changé. D’une part, la création de l’autoroute A89 a encore diminué fortement le trafic qui pouvait passer par Beynac. Et, surtout, des travaux ont été menés dans cette commune à partir de 2015 afin d’élargir la route le long de la Dordogne (ill. 5). Des travaux qui, grâce à Bernard Cazeau, devaient être subventionnés par le département. Le président du département comprenait parfaitement que cet élargissement allait porter un coup fatal à la déviation. Le nouveau président en était aussi convaincu, et pour cette raison il refusa de verser les 600 000 € de subvention qui avaient pourtant été décidés. Le maire de Beynac a été convoqué au département par Germinal Peiro qui lui a signifié qu’il n’était pas tenu par les promesses de son prédécesseur.
Mais la commune a tout de même réalisé les travaux. Et en avril 2017, pour faire une fois de plus capoter ce chantier, Germinal Peiro demanda à Beynac d’aménager un trottoir devant un restaurant, trottoir qui n’avait jamais existé et qui aurait eu pour résultat de restreindre la largeur du passage à 4,30 m alors que la largeur la plus étroite après travaux devait être de 5,13 m (grâce aux travaux menés par la commune, la chaussée est désormais en moyenne de 5,30 m sur 30 mètres, et de 6,10 ailleurs). Selon ce que nous a expliqué l’adjoint au maire, le président du département imposait ainsi de réduire la largeur de la route.

On assista alors à une scène assez ahurissante (voir cet article de Sud-Ouest) : lorsque le département décida de mener lui-même les travaux et vînt avec des engins de construction accompagnés par des maîtres-chiens, le maire de Beynac se mit devant le bulldozer pour l’empêcher d’avancer. Un huissier constata les faits mais les travaux d’agrandissement du trottoir ne purent avoir lieu. L’affaire est désormais portée devant la justice. Par ailleurs, le département avait à sa charge de refaire le revêtement de la chaussé, ce qui n’a toujours pas été mis en œuvre depuis septembre 2017. L’adjoint au maire nous a dit que le préfet avait enjoint le département de le faire et que cela devait l’être avant février 2018. Mais on attend toujours.

Les travaux de Beynac ont finalement permis de résoudre les problèmes de circulation qui pouvaient encore subsister et qui se concentraient essentiellement sur la période estivale. Un comptage a été organisé à la demande de la mairie en août dernier (semaine du 3 au 9 août), par la société Provence comptage routiers (PCR). Le résultat a démontré que la circulation y était fluide, les arrêts complets de la circulation ne dépassant pas 21 secondes en moyenne. En une semaine n’ont pu être comptabilisés que cinq arrêts de plus de deux minutes.
Mais Germinal Peiro n’en démord pas : celui-ci affirme en effet que deux poids lourds ne peuvent pas se croiser. Ce qui est une manière très spéciale de décrire la réalité. Car en France, la largeur maximale d’un poids lourd autorisée est de 2,55 m, 2,60 pour les camions de transport frigorifiques. Prenons donc le cas le pire : deux camions de 2,60 de largeur qui se croiseraient sur la route, à un endroit (c’est-à-dire sur 30 mètres) où il est possible que la largeur ne soit pas supérieure à 5,13 m (sachant que sur tout le reste de la route, la largeur de 6,10 est très suffisante). On constate trois choses : ce cas de figure est statistiquement assez rare ; il peut survenir dans bien des villages où la route est moins large que 5,20 m ; et, surtout, que les chauffeurs routiers savent dans ce cas précis manœuvrer pour passer l’un après l’autre, après le rangement d’un sur le côté pour laisser passer l’autre [1].


6. Déviation de Beynac
Travaux pour le pont du Pech
(novembre 2018)
Photo : Didier Rykner
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7. Déviation de Beynac
Travaux pour le pont du Pech
(novembre 2018)
Photo : Didier Rykner
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8. Déviation de Beynac
Travaux pour le pont du Pech
(novembre 2018)
Photo : Didier Rykner
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Pour justifier son acharnement, Germinal Peiro prétend se faire le porte-parole des sans grades contre les « châtelains », et se montre particulièrement remonté contre Stéphane Bern qui a pris fait et cause pour les opposants : « c’est un ignare. Il répète bêtement ce que lui disent ses amis châtelains ! » (voir ici). Pas de chance, les faits démentent les affirmations du président du département. Une étude menée par la société Quota sur la population de la Dordogne [2] a en effet donné les résultats suivants : alors que 64% des habitants ont entendu parler de ce projet (ce qui en soi est un résultat notable), 55% se sont prononcés pour un arrêt des travaux (contre 27% pour leur poursuite) ; et, surtout, les femmes, les 30-44 ans et les CSP- [3] sont opposés à ce projet respectivement à 62, 66 et 63% ! Par ailleurs, lors de la dernière enquête publique qui n’a porté que sur la construction des ponts (puisque le reste avait été « validé » par l’enquête de 2001), 88% des personnes interrogées était contre ces travaux. On s’interroge encore sur la présence de 88% de « châtelains » en Dordogne...


9. Travaux de déboisement et de terrassement
pour le passage de la déviation
(novembre 2018)
Photo : Didier Rykner
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10. Beynac vu du pont du Pech en construction
Photo : Didier Rykner
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11. Beynac vu de la déviation en construction (novembre 2018)
Photo : Didier Rykner
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Il est certain néanmoins que les châteaux sont nombreux dans cette région, et qu’ils attirent les touristes. Pas moins de six sont concernés par la construction de la déviation comme le montre l’illustration 2, dont certains se trouvent très près de celle-ci et dont tous les autres auront vu sur elle.
Il suffit de se promener le long du chantier pour comprendre à quel point la construction de la route est destructrice pour le paysage et l’éco-système. Outre le béton coulé dans la Dordogne pour édifier les piles des ponts (ill. 6 à 8), le tracé a obligé de couper des centaines d’arbres (ill. 9), et les photos que nous avons prises montrent à quel point cette route sera visible d’un peu partout (ill. 10 à 12), notamment de Beynac (ill. 13). Lors de notre passage en novembre, les associations venaient d’ailleurs de découvrir l’implantation de deux serres qui n’étaient pas là auparavant (ill. 14) : la création d’une route de grande circulation occasionnerait immanquablement une modification drastique d’un paysage inchangé depuis des siècles.


12. Beynac vu du pont de Feyrac
Photo : Didier Rykner
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13. Paysage où va s’insérer la déviation,
vu des hauteurs de Beynac
Photo : Didier Rykner
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Quant à la biosphère, il suffit de rappeler que tout le bassin de la Dordogne est classé par l’UNESCO en zone « réserve de biosphère » (il n’y en a que 631 dans le monde). Cela impose que n’y soient menés que des projets de développement durable (un qualificatif que nul n’a encore osé accoler à la déviation). Que l’on puisse mener si loin un projet aussi clairement antinomique avec un tel classement ne montre hélas qu’une fois de plus le faible pouvoir des classements de l’UNESCO. Mais peut-être faut-il aussi y voir le résultat d’un curieux conflit d’intérêts : qui est en charge de la réserve de biosphère de la Dordogne ? EPIDOR, l’Établissement Public Territorial du Bassin de la Dordogne. Et qui est le président d’EPIDOR ? Germinal Peiro… Est-il besoin de développer davantage ? Oui peut-être, en soulignant le bon goût qui préside aux travaux faits ou entérinées par Germinal Peiro. Ainsi, lors de notre visite, nous avons pu admirer le superbe funérarium du cimetière qui jouxte la chapelle du château de Fayrac, inauguré quelques semaines plus tôt par... Germinal Peiro (ill. 15).


14. Deux serres nouvellement installées
à Beynac (novembre 2018) non loin des travaux de la déviation et visibles déjà de Beynac (voir ill. 19)
Photo : Didier Rykner
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15. Chapelle et cimetière de Feyrac
Au premier plan à gauche, construction
récente d’un funérarium...
Les travaux de la déviation se trouvent
juste derrière nous
Photo : Didier Rykner
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Une victime collatérale de ces travaux a été un grand bassin gallo-romain mis au jour pendant les travaux de la route. Cette affaire dans l’affaire, largement traitée dans la presse cet été [4], a donné lieu à diverses passes d’armes entre les associations opposées au contournement routier qui espéraient ainsi pouvoir ralentir voire stopper les travaux en imposant la conservation de cette structure, tandis que Germinal Peiro ne cessait de minimiser la découverte. Celle-ci était-elle importante ? Les photos dont nous disposons donnent à le penser (ill. 16). Mais hélas, on n’en saura définitivement rien puisque s’appuyant sur l’immobilisme du ministère de la Culture et inquiet des conséquences de cette découverte, le département s’est empressé de tout détruire en deux étapes (ill. 17), après avoir fait constater par un expert venu de Dijon que ces vestiges étaient « tout à fait communs et ne méritaient pas d’être conservés ». Faute d’avoir pu enquêter précisément sur cette question, nous ne pouvons que constater les dégâts. Plus rien ne reste de la structure gallo-romaine. Il ne reste plus qu’à croire Germinal Peiro…


16. Vue des vestiges découverts pendant
la construction de la déviation
avant leur destruction complète
On voit bien le bassin (ou piscine)
gallo-romain, un peu à gauche
Photo : photographe non identifié
(associations de protection du site)
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17. Le site où a été trouvé le bassin
gallo-romain (novembre 2018)
Il n’en reste plus aucune trace.
Photo : Didier Rykner
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Se contenter de blâmer le président du département serait une erreur. Lorsqu’il a pris connaissance du jugement du Conseil d’État, celui-ci a en effet rappelé que c’étaient « les services de l’État qui ont donné l’autorisation de faire ce chantier ». Et sur ce point, il a parfaitement raison. Le premier ministre a gravement failli, lui qui avait toute latitude pour empêcher les débuts des travaux s’il avait eu le courage nécessaire. C’est bien lui qui a empêché d’agir les ministères de l’Écologie et de la Culture qui avaient de forts doutes sur l’intérêt de ce projet et lui aussi qui s’est engagé personnellement sur l’aboutissement de ce projet. Ce dossier est arrivé en même temps que l’annulation - légitime et heureuse - du chantier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. S’il avait arrêté la déviation de Beynac - comme d’ailleurs le projet de Grand Contournement Ouest en Alsace (voir nos articles) - il craignait qu’on dise que plus rien ne pouvait se faire. Ce manque de courage du premier ministre est grave, car il donne par ailleurs à penser, alors que l’on a cédé à de nombreuses revendications des « gilets jaunes », que seule la violence permet d’obtenir des résultats. Les opposants à la déviation de Beynac ont souhaité agir dans le cadre de la légalité, ils n’ont commis aucune violence, voilà leur seul crime semble leur dire Édouard Philippe.

Est-on vraiment dans une démocratie lorsque des travaux sont lancés alors que tous les recours ne sont pas terminés, et qu’un chantier en cours peut être déclaré illégal après le début des travaux ? Germinal Peiro ne s’est pas privé de les accélérer alors que la décision du Conseil d’État était prévisible. Que va-t-il se passer désormais si le tribunal administratif de Bordeaux - celui là même qui a été désavoué par le Conseil d’État - se range à son avis et conclut définitivement que les travaux doivent être interrompus ? Comment revenir à l’état initial quand des tonnes de béton ont déjà été versées dans la Dordogne, et alors que de très nombreux arbres centenaires ont été coupés ?
Il est incroyable d’entendre aujourd’hui Germinal Peiro se plaindre de la décision du Conseil d’État. Selon lui, les conséquences sont « désastreuses […] sur le plan financier, car outre les 15 millions d’euros déjà payés, vont arriver les factures des dépenses engagées et des marchés déjà signés ». Mais qui a lancé des travaux sachant que le Conseil d’État pouvait encore s’y opposer, sinon Germinal Peiro ? Qui a ainsi sans doute fait perdre au moins 15 millions d’euros à son département, sinon Germinal Peiro ?
Celui-ci va plus loin encore, se plaignant que les conséquences soient « désastreuses aussi sur le plan environnemental, car les atteintes aux habitats des espèces protégées sont faites » ? Mais qui a porté atteinte aux espèces protégées dans une réserve biosphère de l’UNESCO, sinon Germinal Peiro ? Il ajoute : « on allait entrer dans la phase des réparations et des compensations et c’est cela qui est stoppé ». Doit-on comprendre ici que le responsable de ce désastre ne va pas mettre en place les « réparations et compensations prévues », qui désormais ne devraient être rien d’autre que la remise en état le plus proprement possible de ce qu’il a détruit ?

Ne crions pas victoire trop vite cependant. Contrairement à ce que l’on a lu ici ou là, le jugement du Conseil d’État n’est pas définitif et il suffirait d’une nouvelle décision contraire du tribunal administratif de Bordeaux pour relancer des travaux qui pourraient ainsi être poursuivis en attendant d’autres recours [5]. C’est lorsque l’État central faillit à sa mission que peut se reconstituer la féodalité. C’est bien de cela, au fond, dont il est question ici.

Didier Rykner

Notes

[1Le gérant de PCR précise que : « Pour finaliser notre enquête, je peux affirmer que sur chacune des heures de vidéos enquêtées, lors d’un croisement entre des véhicules de grande taille, type bus, autocar ou PL, nous n’avons pas constaté d’arrêt des usagers supérieur à quelques secondes (compris entre 5s et 30s environs). Le croisement des ces grand véhicules, se faisant à vitesse très réduite ou avec l’arrêt d’un des deux véhicules, le trafic reprenant de lui-même ensuite ».

[2505 interviews d’habitants représentatifs de la Dordogne selon la méthode des quotas par sexe, âge, CSP et taille d’agglomération.

[3C’est-à-dire essentiellement les employés et les ouvriers, bien loin des « châtelains ».

[4Voir par exemple ici ou ici.

[5Voir par exemple cet excellent article de Libération.

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