Le Musée Fabre achète un tableau de Jean-Pierre Saint-Ours

Didier Rykner

25/5/19 - Acquisition - Montpellier, Musée Fabre - À peine a-t-il acheté un Salvator Rosa aux enchères à Vienne (voir la brève du 22/5/19) que le Musée Fabre, comme toujours très actif pour enrichir ses collections, a cette fois emporté chez Piguet, un hôtel des ventes genevois, le 22 mai et pour 26 000 francs suisses sans les frais (soit 23 160 €) un tableau de Jean-Pierre Saint-Ours. Celui-ci représente La Continence de Scipion, un sujet de l’histoire romaine qui témoigne d’un exemplum vertutis particulièrement typique de ceux traités par les peintres néoclassiques dont l’artiste est un important représentant. Le Musée des Beaux-Arts de Genève lui avait consacré une exposition en 2016 (voir l’article).
Signalons à cette occasion que le catalogue de l’artiste, qui était promis lors de cette exposition, vient de paraître, et qu’il a été publié sous forme électronique uniquement, disponible gratuitement à cette adresse. Il s’agit d’un catalogue sommaire puisque les tableaux, s’ils sont reproduits et dotés de fiches techniques très complètes, n’y sont pas commentés. Un second volume est annoncé qui devrait en dire davantage sur les œuvres peintes et dessinées.


Jean-Pierre Saint-Ours
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Le tableau qui vient d’entrer au Musée Fabre y est catalogué, et daté vers 1778, soit deux ans avant que le peintre ne soit lauréat du prix de Rome. S’il se montre à cette époque proche de David, cette œuvre est plutôt traitée comme une esquisse ; il s’agit sans doute d’un exercice qu’il s’est imposé pour sa préparation au concours.
Son acquisition par le musée, qui conserve déjà de nombreuses esquisses néoclassiques, se justifie aussi par la proximité que Fabre entretenait avec Saint-Ours. Comme le rappelle Pierre Stepanoff dans une note qu’il nous a transmise, Saint-Ours, malade pendant l’automne 1791, fut soigné en Italie par le docteur Henri Fabre, frère de François-Xavier Fabre. Le peintre genevois évoque cet épisode dans sa correspondance et il y exprime sa reconnaissance : « Je dois sans doute la vie à M. Fabre de Monpellier, j’étais perdu si je n’eusse été réduit aux visites du premier médecin de l’Europe, il me fallait un habile homme qui put passer les nuits et les jours à côté de moi et saisit un moment favorable pour me secourir ».

Le musée conserve déjà trois portraits dessinés de Saint-Ours qu’il offrit à François-Xavier Fabre. Cette œuvre est d’autant plus importante qu’il s’agit seulement de la deuxième toile de Saint-Ours à entrer dans un musée français, avec son second prix de Rome obtenu en 1778, aujourd’hui à Versailles.

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