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James Tissot. L’ambigu moderne

Paris, Musée d’Orsay, du 23 juin au 13 septembre 2020.

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« Irréductible aux catégories traditionnelles de l’histoire de l’art » écrit Laurence des Cars dans l’introduction du catalogue de l’exposition consacrée à James Tissot. Cette réflexion nous semble particulièrement juste, même si cette difficulté à situer l’artiste n’est finalement aussi que la conséquence d’une classification souvent trop schématique qui n’a pas encore tout à fait disparu, il y a eu d’un côté les modernes, les innovateurs, voire les révolutionnaires qui anticipaient toujours les mouvements suivants, en un mot : les gentils, et les autres, les retardataires, les traditionalistes, les méchants de l’histoire.
James Tissot est un peintre complexe et difficilement réductible à un camp, ce qui explique qu’il puisse intriguer. Cette complexité est parfaitement montrée dans la rétrospective d’Orsay (ill. 1) qui a choisi de présenter tous les aspects de son œuvre, ce qui peut en dérouter certains. « L’ambigu moderne », le sous-titre qui accompagne l’exposition, est parfaitement juste. Moderne, il l’est dans nombre de ses tableaux dont certains sont fort proches de ceux peints à leurs débuts par ses amis appartenant au mouvement impressionniste. Ambigu, il ne l’est pas moins car ce modernisme est nuancé par un regard très acéré sur le passé, qui transparaît clairement dans nombre de ses tableaux, et par une indécision qui lui fait parfois prendre des chemins qui n’ont pas grand chose à voir avec l’avant-garde.


1. Vue de l’exposition James Tissot au Musée d’Orsay
Photo : Didier Rykner
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La carrière de l’artiste elle-même est difficile à suivre. Prénommé Jacques-Joseph, il transforme assez rapidement son prénom en James de manière très précoce, un changement prophétique pour celui qui fit une partie de sa carrière en Angleterre et qui est parfois considéré comme un peintre britannique. Dès 1847, il a onze ans, il est envoyé en Flandres pour poursuivre une scolarité chez les Jésuites qui n’ont alors pas le droit d’enseigner en France, avant de revenir en 1852 à Vannes quand cette interdiction est levée. Ce passage en Belgique peut expliquer l’intérêt qu’il montra très tôt pour la peinture flamande : celle du XVe siècle mais aussi la peinture belge contemporaine, qui elle-même regarde vers la Renaissance. C’est notamment le cas d’Henri Leys qu’il rencontrera d’ailleurs un peu plus tard lors d’un voyage à Anvers en 1859.


2. James Tissot (1836-1902)
Voie des fleurs, voie des pleurs, dit aussi Danse macabre, 1860
Huile sur toile - 37,2 x 122,4
Providence, Museum of Art Rhode Island School of Design
Photo : Didier Rykner
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3. James Tissot (1836-1902)
Rencontre de Faust et Marguerite, 1860
Huile sur panneau - 78 x 117 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Didier Rykner
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À cette date, Tissot est déjà peintre puisque après avoir intégré l’atelier de Louis Lamothe en 1856…

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