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Hôtel Mezzara : Take the money and run
Dans notre premier article consacré à l’hôtel Mezzara d’Hector Guimard (ill. 1 à 8), écrit en avril 2020, Bénédicte Bonnet Saint-Georges écrivait : « il faut croire que le patrimoine est considéré comme un fardeau et que tous les prétextes sont bons pour ne pas dépenser un sou à son profit. »
La réalité est bien pire : non seulement l’État ne veut pas dépenser un sou pour la conservation de ce patrimoine, mais il veut que cela lui rapporte un maximum. Rien n’expliquerait sinon pourquoi le premier appel à candidature est resté infructueux. Il démontre ainsi qu’il n’a rien retenu des leçons de l’hôtel de la Marine, ou du château de Grignon, qu’il voulait céder aux plus offrants qui étaient en même temps les moins disants sur le plan patrimonial, pour finalement reculer devant les réactions des défenseurs du patrimoine. C’est, espérons-le, ce qui va se passer pour l’hôtel Mezzara [1].
Nous renvoyons à cet article pour les informations sur l’historique et l’architecture du monument. À la date de sa publication, l’appel à candidature n’avait pas été lancé. Il l’a été depuis et, malgré un projet porté par le Cercle Guimard et un mécène qui apportait toutes les garanties demandées, a été déclaré infructueux sans que les raisons de cette décision aient été rendues publiques ni même expliquées aux candidats. Et pour cause : toutes les conditions étaient remplies.
La première était : « des garanties qui seront données pour respecter les mesures de conservation et de sauvegarde des biens meubles et immeubles ». Le projet consistait à faire restaurer l’édifice dans le strict respect de son caractère de monument historique par l’architecte en chef des monuments historiques Pierre-Antoine…