Nouvelle attaque massive du gouvernement d’Emmanuel Macron contre le patrimoine

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Emmanuel Macron
Photo : Wikipedia (domaine public)

Les lecteurs de La Tribune de l’Art sont habitués à voir revenir régulièrement quelques sujets sur le devant de la scène politique. L’avis conforme des Architectes des Bâtiments de France est de ceux-là.
Une nouvelle fois, ceux-ci sont victimes d’une attaque en règle. Celle-ci vient d’un président de la République à bout de souffle, qui n’en a plus que pour quelques mois, mais qui tient absolument à marquer une fois de plus son passage en détruisant encore davantage le patrimoine français. Son bras armé a aujourd’hui pour nom Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement, via un projet de loi « visant la relance et la décentralisation du logement ».
Vincent Jeanbrun est un « Républicain », ancien attaché parlementaire de Valérie Pécresse, dont le principal titre de gloire est d’avoir été le « plus jeune maire d’une commune de plus de 30 000 habitants en France ». On a les records qu’on peut. Le ministre veut donc entrer dans l’Histoire en devenant le fossoyeur du patrimoine.

L’un des objectifs affichés de cette loi est de « construire plus, mieux et plus vite ». Plus, c’est indéniable ; mieux, évidemment, ce sera tout l’inverse.
Pour cela, en effet, Vincent Jeanbrun a décidé de s’asseoir, purement et simplement, sur le code du patrimoine, décidant de rendre celui-ci inapplicable pour des « opérations d’intérêt local (OIL) » dont la mise en place sera proposée par les maires et validée par les préfets. La disposition la plus grave concerne donc l’avis conforme des Architectes des Bâtiments de France, déjà mis à mal dans de nombreux cas par la loi Élan, qui disparaîtrait « à l’intérieur du périmètre de l’opération d’intérêt local ». Seul un avis simple, c’est-à-dire parfaitement inopérant, serait requis, abolissant un levier essentiel de la protection du patrimoine.
De même, les protections apportées par le Plan Local d’Urbanisme seraient supprimées. Or, certains bâtiments, ni inscrits ni classés monuments historiques, en bénéficient, tout comme les espaces verts ou les arbres remarquables. Le PLU définit également des hauteurs maximales. Toutes ces dispositions deviendraient donc inapplicables, laissant table ouverte aux promoteurs, comme cela était le cas dans les années 1960.

Il ne faut pas se tromper : l’incendie de Notre-Dame, l’état inquiétant de beaucoup de nos monuments historiques ou le vol des bijoux du Louvre apparaîtraient comme des événements patrimoniaux mineurs si cette loi devait être votée et promulguée. La menace est extrêmement grave. On se rappelle que, très récemment, l’État avait refusé que le Puy-du-Fou vienne à la rescousse de Chambord. Il avait, à notre avis, raison, car on ne peut transformer ce château en salle de spectacle ou en parc d’attractions. Mais la raison officielle donnée par le ministère de la Culture était la suivante [1] : « l’élection présidentielle a lieu dans un an, l’État ne souhaite pas prendre la moindre initiative en matière de politique culturelle. » Manifestement, l’État d’Emmanuel Macron peut prendre sans sourciller une initiative aussi destructrice pour le patrimoine français moins de dix mois avant cette même élection présidentielle. Quant au ministère de la Culture, sans surprise, il est aux abonnés absents : pas de vagues surtout, pas de vagues !

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