Emmanuel Macron retoque le directeur de cabinet de Franck Riester

Didier Rykner
Franck Riester, ministre de la Culture
Photo : Ministère de la Culture
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22/10/18 - Nominations - Ministère de la Culture - Un ministre a-t-il aujourd’hui, sous la présidence d’Emmanuel Macron, une quelconque autonomie ? C’est la question que l’on peut légitimement se poser après la péripétie que vient de connaître la composition du cabinet du nouveau ministre de la Culture Franck Riester.

Celui-ci souhaitait en effet nommer directeur de cabinet Olivier Henrard. Les deux hommes se connaissent bien, celui-ci ayant, avec Franck Riester, été l’un des promoteurs de la loi Hadopi.
Nous ne jugerons pas de la pertinence de cette nomination sur laquelle nous n’avons pas d’opinion. Pour l’avoir rencontré une fois, Olivier Henrard - qu’Emmanuel Macron avait déjà refusé alors qu’il était un des trois noms proposés par Françoise Nyssen comme directeur général des Patrimoines - nous semblait, au moins en parole, attentif à la conservation du patrimoine. Il est notamment l’un de ceux qui a persuadé Nicolas Sarkozy de protéger le Mont-Saint-Michel des éoliennes.

C’est peut-être cette proximité avec l’ancien Président de la République (dont il fut le conseiller Culture) qui n’a pas plu à Emmanuel Macron. N’étant officiellement ni de gauche ni de droite, on sait que les dosages ministériels, mais aussi ceux des hauts fonctionnaires doivent respecter une parité de plus en plus difficile à tenir au fur et à mesure que les sympathisants d’En Marche se font plus rares.

Parmi les noms désormais évoqués figure celui de Christophe Tardieu qui fut administrateur général de l’Établissement public de Versailles, ce qui ne serait franchement pas une bonne nouvelle. Nous renvoyons à notre critique de son livre Le Surintendant de Versailles et il faut craindre que notre conclusion ne soit prémonitoire. Quoi qu’il en soit, les choses ne commencent pas très bien pour le nouveau ministre qui se voit dès le début rembarré par le Président dont on a appris qu’il n’aurait pas été le premier choix. Il faut espérer qu’il bénéficiera d’une certaine autonomie dans ses missions car compte tenu des piètres performances patrimoniales d’Emmanuel Macron, un ministre faible et sans poids, comme c’était le cas avec le précédent, est probablement l’un des pires scénarios que l’on puisse craindre.

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