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Une exposition Chana Orloff au Musée Zadkine

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3/3/24 - Exposition - Paris, Musée Zadkine - Elle tend vers la caricature sans jamais se moquer de son modèle, pour lequel elle a une tendresse manifeste. Chana Orloff sculpte des portraits avec un humour bienveillant, traduit le port altier de la peintre Ivanna Lemaître, la gravité tourmentée de l’artiste Alexandre Iacovleff, l’innocence pouponnesque de son fils adoré Didi. Ses œuvres épurées restent néanmoins fidèles à la réalité : ici un nez en trompette, là une moue boudeuse, un menton fuyant ou une barbe fleurie permettent d’identifier la personne représentée. Le critique Robert Rey, en 1924, admira le portrait du peintre Widhopff en ces termes (ill. 1) : la sculptrice sait « isoler merveilleusement quelques caractéristiques qui dominent dans les modèles qu’elle se propose. Dès lors, elle élimine peu à peu, avec une sûreté de démolition déconcertante, tout ce qui ne concourt pas exactement à la détermination de ces caractéristiques : elle n’ajoute pas, ou si peu !… Ce n’est pas de la caricature, c’est de l’extrait de ressemblance [1] ».


1. Chana Orloff (1888-1968)
Le Peintre Widhopff, ou L’Homme à la pipe, 1924
Plâtre peint - 101 x 61 x 54 cm
Paris, Ateliers-Musée Chana Orloff
© Chana Orloff, Adagp, Paris 2023.
Photo : Stéphane Briolant
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Les accessoires ont bien sûr leur importance : ce n’est pas anodin si Romaine Brooks est vêtue d’un large manteau bordé de fourrure tandis que Gaston Picard porte un costume moderne un peu trop serré. Ces attributs traduisent la personnalité du modèle, mais ils le transforment aussi en personnage ; la belle Ivanna Lemaître devient ainsi La Dame à l’éventail (ill. 2) et le peintre Widhopff est L’Homme à la pipe. Ces deux sculptures rencontrèrent un succès certain au Salon d’automne l’un en 1920 , l’autre en 1924. Certaines figures tendent même vers l’allégorie : la petite Nadine avec son visage joufflu et ses deux mains sagement croisées sur sa jupe incarne l’Enfance …

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