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Canova Thorvaldsen. La naissance de la sculpture moderne

Milan, Galleria d’Italia, du 25 octobre 2019 au 15 mars 2020.

La Galleria d’Italia, qui organise cette exposition, regroupe les trois musées de la banque Intesa Sanpaolo, qui met ainsi à la disposition du public une extraordinaire collection d’œuvres d’art. À Naples, dans le palazzo Zevallos, sont montrées essentiellement des peintures anciennes, parmi lesquelles le célèbre Martyre de Sainte Ursule de Caravage ; à Vicence, dans le palazzo Leoni Montanari, sont exposées les peintures vénitiennes du XVIIIe siècle et une très importante collection d’icônes russes ; à Milan enfin, les Gallerie di Piazza della Scala, qui regroupent trois palais, abritent la collection des peintures italiennes des XIXe et XXe siècles. Nous reviendrons sur cette institution qui, non contente de gérer des collections permanentes et d’organiser des expositions, fait également beaucoup de mécénat pour les restaurations d’œuvres d’art. Nous nous contenterons pour cette fois de nous attarder sur cette remarquable double rétrospective milanaise. Pour une fois en effet, il n’est pas question de rapprocher artificiellement deux artistes qui n’auraient pas grand-chose à voir. Bien au contraire, malgré presque une génération qui les sépare - Canova est l’aîné de Thorvaldsen de 13 ans - les deux sculpteurs furent fort proches. Ces rivaux dans la Rome des années 1800 furent toujours comparés. Ainsi, Henri Delaborde écrivait en 1867 : « Parmi les artistes dont les travaux appartiennent à la première moitié de ce siècle, il n’en est guère de mieux recommandés par leur nom, de plus généralement connus que Thorvaldsen. A ne parler que des sculpteurs, aucun depuis Canova n’a obtenu autant de faveur auprès de ses contemporains, ni laissé après lui une mémoire aussi populaire au-delà des frontières de son pays. »


1. Antonio Canova (1757-1822)
Autoportrait, 1812
Marbre - 70 x 50 x 48 cm
Possagno, chiesa parrochiale (Tempio di Possagno)
Photo : Didier Rykner
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2. Bertel Thorvaldsen (1770-1844)
Autoportrait, vers 1810-1811
Marbre - 74,1 x 37,5 x 27,5 cm
Copenhague, Akademiraadet
Photo : Didier Rykner
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Le lieu de l’exposition se prête particulièrement bien à une telle exposition, avec son grand espace central couvert d’une coupole, autour duquel s’ouvrent plusieurs salles en étoile. L’exposition commence dans une de ces salles rayonnantes avec plusieurs autoportraits. C’est l’occasion de rappeler que Canova - contrairement à Thorvaldsen - fut également peintre, même si cet aspect de son art est loin d’être le plus séduisant. Leurs autoportraits « officiels » reflètent les différences entre les deux artistes pourtant si proches. Celui de Canova (ill. 1), avec son léger mouvement vers la gauche, est plus « baroque » que la figure hiératique de Thorvaldsen (ill. 2). Si chacun d’eux s’inspire évidemment de l’Antiquité, le style du premier est certainement plus proche de l’art hellénistique, moins classique ou moins néoclassique, que le second. Il s’agit évidemment…

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