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Alexis Mérodack-Jeaneau (1873-1919), en quête de modernité

Angers, Musée des Beaux-Arts, du 11 mai au 3 novembre 2019.

Il n’était pas défunt que la critique l’enterrait déjà. Sept ans avant sa mort en 1919, l’angevin Alexis Mérodack-Jeaneau était qualifié de « peintre oublié » par Apollinaire. Pourtant, peintre, sculpteur, théoricien, grand défenseur des avant-gardes, il publia encore deux manifestes en 1913 et 1914 [1] et exposa à Autun et à Paris avant de se retirer à Angers pour les quatre dernières années de sa vie où, malade, il semble ne plus avoir peint. À sa mort, sans descendant, son œuvre et ses archives furent pieusement conservés par son épouse Jeanne Varin. De son vivant – elle mourut en 1966 -, elle les conserva, méprisant ostensiblement le marché de l’art que son mari n’eut cesse de fustiger. Ce n’est qu’à la fin des années 1960 que certaines de ses gouaches furent extraites de l’atelier pour être présentées à Londres, à la Ewan Phillips Gallery, puis à Genève au musée de l’Athénée avec la collaboration de la galerie Krugier et Cie. La vente parisienne de cinquante-deux de ses gouaches à l’hôtel Drouot en 1977 demeura tout aussi confidentielle et Mérodack-Jeaneau ne sortit officiellement de l’anonymat que dix ans plus tard à l’occasion des deux importantes ventes de son atelier à Angers en 1986 et 1988. Douze de ses dessins - de la série des Coiffes angevines (ill. 1) - et son grand tableau la Créole au perroquet (ill. 2) furent alors acquis par le Musée des Beaux-Arts d’Angers qui n’eut depuis cesse d’enrichir son fonds dédié à l’artiste. Une exposition-dossier lui fut consacrée en 1997-1998 avant qu’il n’intègre le parcours permanent du musée à sa réouverture en 2004. Sonnant le centenaire de sa mort, la rétrospective actuelle - adjoint à la collection du musée un grand nombre de toiles, dessins, gouaches, gravures et sculptures de collections privées détentrices de l’essentiel de son œuvre.


1. Alexis Mérodack-Jeaneau (1873-1919)
Coiffe des bords du Layon, vers 1898
Crayon gras, mine de plomb et rehauts de blanc sur papier brun - 16,8 x 15,2 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musées d’Angers
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2. Alexis Mérodack-Jeaneau (1873-1919)
La Créole au perroquet, 1910
Huile sur toile - 131 x 107 cm
Angers, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musées d’Angers, D. Riou
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Notre recension trop tardive ne rend pas justice à cet artiste indûment mésestimé de l’histoire de l’art moderne. Fort heureusement, l’ambition de l’exposition dépasse sa présentation temporaire, dernière et non ultime étape de la réhabilitation d’un artiste dont le corpus exhaustif reste à établir tant il est éparpillé en collections privées. Si l’état actuel de la connaissance de l’œuvre de Mérodack-Jeaneau embrasse l’ensemble de sa carrière, certains jalons demeurent inconnus ou confus. Certaines sections du parcours sont donc très logiquement, et de l’aveu même de la commissaire Christine Besson, moins certaines et abouties. Plusieurs œuvres importantes demeurent non localisées tandis que…

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