Acquisitions récentes des musées d’Angers

Julie Demarle

1/3/19 - Acquisitions - Angers, Musées (Beaux-Arts, David d’Angers) - Les Musées d’Angers ont préempté pour 4 000 euros (frais inclus) trois coupes de David d’Angers lors de la vente Pierre Bergé : d’une demeure à l’autre proposée par Sotheby’s à Paris les 30 et 31 octobre 2018. Respectivement en cire sur âme en bois, en plâtre et en bronze (ill. 1 et 2), elles sont trois états d’une coupe intitulée Les Quatre Âges de l’enfance, dont le musée David d’Angers conservaient déjà des dessins préparatoires. Elles illustrent les différentes étapes de son élaboration, modelage en cire, plâtre du fondeur et tirage final. Elles prendront place au sein d’une nouvelle vitrine du Musée David d’Angers dévolue à la création d’un bronze au XIXe siècle. Elles sont, par ailleurs, les premiers objets d’art à rejoindre les collections du musée qui ne conservaient jusqu’alors que des œuvres monumentales du sculpteur. Elles avaient été exposées à la Frick Collection en 2013 lors de l’exposition David d’Angers : Making the Modern Monument.


1. Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856)
Les quatre âges de l’enfance, 1834
Cire sur âme en bois, plâtre et bronze - 18,9 x 11 cm
Angers, Musée David d’Angers
Photo : Sotheby’s
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Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856)
Les quatre âges de l’enfance, 1834
Bronze - 18,9 x 11 cm
Angers, Musée David d’Angers
Photo : Sotheby’s
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Le décor de la coupe prend place autour du pied, paré d’une ronde d’angelots, et sur la vasque. Quatre scènes allégoriques en bas-relief s’y développent en frise, chacune représentant une étape de l’enfance, de l’état de nourrisson à l’entrée dans la vie adulte. Dans un style à l’antique, des personnages féminins - allégories de la Nature et de la Patrie - et des enfants prennent place sous quatre arcades végétales faites de branches de vignes, de palmiers ou de fleurs. La première composition est une scène d’allaitement. La deuxième est une scène de jeu où le petit enfant nu debout cherche à attraper la grappe de raisin que lui tend une femme. Figure enfantine que David d’Angers reprendra en ronde bosse quelques années plus tard dans son Enfant à la grappe conservé au Louvre. La troisième est une scène de lecture tandis que la quatrième reprend un dessin préparatoire intitulé La Patrie conservé par le musée David d’Angers. Un jeune homme s’offre à la Patrie personnifiée qui lui tend armes et feuillets. Réalisé au retour de son deuxième voyage en Allemagne, au cours duquel il rencontre Friedrich à Dresde, cette iconographie doit beaucoup aux paysages métaphoriques du romantisme allemand. Cet aspect a été analysé par Dorothy Johnson dans son article « David d’Angers and the signs of Landscape » paru en 1990 dans la Gazette des Beaux-Arts [1] et, plus récemment, par l’exposition David d’Angers, les chemins du Romantisme du musée des Beaux-Arts d’Angers.


3. Alexis Mérodack-Jeaneau (1873-1919)
La tour à plomb d’Angers
Huile sur toile - 81 x 65 cm
Angers, musée des beaux-arts
Photo : Musée des beaux-arts d’Angers
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4. Alexis Mérodack-Jeaneau (1873-1919)
Portrait d’Emile Boissier, avant 1899
Huile sur toile - 35,3 x 27,4 cm
Angers, musée des beaux-arts
Photo : Musée des beaux-arts d’Angers
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Hormis le portait par Hyacinthe Rigaud préempté en mai 2018 dont nous avions déjà parlé (brève du 30/05/18), nous signalerons à présent les derniers tableaux achetés par les musées d’Angers. Le musée des beaux-arts qui consacrera prochainement une exposition au peintre angevin Alexis Mérodack-Jeaneau (1873-1919) a récemment acquis deux tableaux de l’artiste. Le premier (ill. 3), emporté 6 832 euros (frais inclus) lors de la vente Chauviré et Courant du 21 septembre 2017 à Angers, est une vue d’Angers représentant la tour à plomb, imposante fabrique de plombs de chasse aujourd’hui détruite. Le deuxième (ill. 4), acheté 1054 euros (frais inclus) le 21 juillet 2018 toujours chez Chauviré et Courant, est le portrait d’un ami très proche, le poète nantais Emile Boissier. Ensemble ils ont réalisé une œuvre à quatre mains, le poème Les Fées illustré d’aquarelles.


Fernand Lutscher (1843-1923)
Les quais à Angers, vers 1910-14
Huile sur toile - 39 x 55 cm
Angers, musée des beaux-arts
Photo : Musée des beaux-arts d’Angers
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La partie du fonds du musée des Beaux-Arts dédié aux artistes régionaux s’est également enrichi d’un nouveau tableau de Fernand Lutscher. Les quais à Angers (ill. 5) ont été acheté 732 euros (frais inclus) lors de la vente Chauviré et Courant du 27 septembre 2017. Si cette vue urbaine rejoint un ensemble déjà conséquent de toiles et, surtout, de dessins et de gouaches du paysagiste angevin, son sujet est singulier parmi la cinquantaine de sous-bois, bords de rivière et chemins de campagne.

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