Trois panneaux de José Maria Sert entrent au San Diego Museum of Art

Bénédicte Bonnet Saint-Georges

28/2/19 - Acquisition - Californie, San Diego Museum of Art - En 1924, José Maria Sert exposa à la galerie Wildenstein, à New York, et réalisa un ensemble de peintures monumentales pour la villa d’un riche amateur américain, aujourd’hui conservées au Detroit Institute of Arts. Le San Diego Museum of Arts a récemment reçu trois panneaux, de plus petites dimensions, liés à ce décor ; ils ont été donnés par Romy Silver-Kohn et Leigh Silver.


José María Sert y Badía,
Les Aventures de Sinbad le marin, 1924.
Huile et feuille d’or sur bois -
272 x 136 cm / 271 x 243 cm / 277 x 136 cm
San Diego Museum of Art
Photo : SDMA
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Ayant fait fortune dans le pétrole, Joshua Cosden se fit construire une immense propriété à Palm Beach. Il confia le projet à Addison Mizner, architecte alors en vogue dans la haute société de Floride, qui développa un style néocolonial d’inspiration espagnole et méditerranéenne. Mizner contacta Josef Maria Sert en 1923 pour lui confier les murs du salon de musique, une pièce de quarante mètres de long et de cinq mètres de haut. Pour cette villa en bord de mer, Sert choisit l’histoire de Sinbad le marin qu’il déclina en neuf immenses panneaux.

- Le premier met en scène Sinbad racontant ses aventures autour d’un festin. Puis les autres compositions évoquent ses différents voyages :
- Sinbad et la baleine ou L’Île mouvante et les chevaux de mer.
- Sinbad sauvé par l’aigle ou L’Oiseau Rokh et la vallée de diamants.
- L’Épouvantable géant ou Les Hommes singes et le géant rôtisseur d’hommes.
- Sinbad épouse une jeune fille. Le puits aux cadavres.
- Meurtre du jeune Roc. Le vieillard de la mer. La cité des singes.
Enfin, le sixième voyage qu’entreprit Sinbad est découpé en trois épisodes illustrés par trois peintures :
- Sinbad capturé par les pirates.
- Les Éléphants capturant Sinbad.
- Le Cimetière des éléphants.

Sert donne l’illusion que des tentures de tapisserie en velours rouge s’ouvrent sur les différentes scènes, peintes en grisaille sur des feuilles en argent doré. C’est une formule que l’on retrouve dans d’autres décors, aussi bien pour un spectacle de cirque que pour la Passion du Christ.

Les trois panneaux entrés au San Diego Museum, de plus petites dimensions que les peintures finales, sont peut-être des œuvres préparatoires, en tout cas des œuvres réalisées au même moment que le grand ensemble. Elles représentent les épisodes du géant, de l’île mouvante, et du meurtre du jeune Roc. On ne sait s’il a d’abord conçu toute la série dans ce format, et dans ce cas, où se trouvent les autres. Un panneau de dimensions légèrement inférieures est passé sur le marché de l’art, peut-être faut-il le rapprocher des trois œuvres du San Diego. La galerie Emeric Hahn avait quant à elle présenté quatre esquisses préparatoires beaucoup plus petites, à l’occasion d’une exposition qu’elle avait consacrée au maître (voir la brève du 27/3/17).
Enfin, on trouve sur le marché plusieurs photos qui servirent à l’artiste pour mettre en place sa composition ou bien pour se constituer un répertoire de motifs. Le Petit Palais avait bien montré le rôle de la photographie dans le travail de Sert (voir l’article).
L’artiste reprenait aussi certaines scènes de ses décors pour constituer d’autres œuvres. Il utilisa ainsi des épisodes de Sinbad pour réaliser un paravent.

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