Achat conjoint d’un Van Gogh par le Drents Museum et le Van Gogh Museum

25/11/19 - Acquisition - Amsterdam, Van Gogh Museum et Assen, Drents Museum - Le Van Gogh Museum d’Amsterdam et le Drents Museum d’Assen se sont associés pour acheter une petite toile de Vincent Van Gogh intitulée Paysan brûlant de mauvaises herbes. Vendue chez Sotheby’s à New York le 13 novembre dernier, elle est l’une des rares peintures réalisées par l’artiste à l’automne 1883 dans la province septentrionale de Drenthe à nous être parvenue. Estimée 600 000 à 800 000 dollars, elle fut finalement acquise pour un peu plus de 3,1 millions de dollars (frais inclus) grâce au soutien de la BankGiro Loterij, du Fonds Mondriaan, du Vereniging Rembrandt, de la Vincent van Gogh Foundation et d’un donateur privé.


Vincent van Gogh (1853-1890)
Paysan brûlant de mauvaises herbes, 1883
Huile sur toile - 30,5 × 39,7 cm
Amsterdam, Van Gogh Museum
Assen, Drents Museum
Photo : Van Gogh Museum, Amsterdam / Drents Museum, Assen
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Si la correspondance de Van Gogh énonce dix-huit peintures à l’huile exécutées entre septembre et décembre 1883 dans les environs de Drenthe - dans les villages de Hoogeveen et de Nieuw-Amsterdam plus particulièrement - seules cinq, dont la toile de Sotheby’s, seraient aujourd’hui conservées. Trois figurent dans les collections du Van Gogh Museum (Chaumières, Femmes sur une tourbière et Ferme et tas de tourbe) tandis que le Drents Museum détient Le bateau à tourbe. Le Paysan brûlant de mauvaises herbes sera, lui, alternativement exposé dans chacun des deux musées néerlandais, à commencer par le Drents Museum.

Tout juste familier de la peinture à l’huile qu’il pratiquait depuis moins de deux ans - depuis l’été 1882 à La Haye -, Van Gogh appliqua ses tons sombres aux scènes rurales de la province de Drenthe dont il s’éprit. A la tombée de la nuit, au centre de ce que Van Gogh décrit à son frère Théo dans une lettre du 22 octobre 1883 comme « l’immensité de la plaine et du crépuscule, et où le petit feu avec une traînée de fumée est le seul point lumineux », se détache une silhouette affairée en contre-jour, écho évident aux paysans courbés de Jean-François Millet qu’il admirait.

Cette petite toile faisait partie de l’importante collection du marchand juif Jacques Goudstikker spoliée par les Nazis, dont une partie - plus de deux cents œuvres - fut restituée à ses héritiers en 2006 (voir la brève du 11/02/06). Abusivement vendu aux enchères dès 1940 au profit - notamment - du maréchal Göring, le Paysan brûlant de mauvaises herbes, demeuré en mains privées néerlandaises, fut déposé au Kröller-Müller Museum d’Otterlo de 1970 à 1983 puis au Museo de Arte de Ponce de Puerto Rico jusqu’en 1987. De nouveau mis en vente en 1987 puis en 1989 par Christie’s New-York, il rejoignit deux collections anonymes avant d’être finalement rendu en 2019 à la belle-fille américaine de Jacques Goudstikker, Marei Von Saher ainsi qu’à ses deux filles.

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