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Un grand Nattier pour Versailles

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29/6/26 - Acquisition - Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon - Voilà un bel exemple de régularité : un an après s’être enrichi d’une effigie du Dauphin (voir la brève du 26/6/25), Versailles récidive avec un imposant portrait de sa sœur aînée, Louise-Élisabeth de France, qui fut d’abord surnommée « Madame Première » puis « Madame Infante » après son mariage avec le fils du roi Philippe V. Il n’y avait pas meilleure destination pour ce superbe tableau (ill. 1) adjugé 150 000 € marteau [1] chez Osenat lors de sa vente versaillaise dimanche 21 : l’institution reste un conservatoire naturel des œuvres de Nattier, qui y fut exposé en 1999-2000 [2]. Sa collection de portraits de Nattier a beau être la plus complète du monde, elle se voit encore de temps en temps spectaculairement enrichie (voir la brève du 15/3/22). On se réjouit déjà de pouvoir y admirer prochainement cette nouvelle addition qui peut certes surprendre, puisqu’on sait l’ensemble presque exhaustif et bien présenté [3].


1. Jean-Marc Nattier (1685-1766)
Portrait de Madame Infante en vestale
Huile sur toile - 136 x 104 cm
Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Photo : Osenat

Le tableau acheté dimanche chez Osenat méritait cependant de rejoindre le musée, qui conserve déjà plusieurs effigies de « Madame Première » enfant peintes par François Lemoyne, Jean-François de Troy et Pierre Gobert mais ce sont celles de Nattier qui ont transmis à la postérité l’image de cette princesse déracinée, qui ne se plaisait guère qu’à la cour de Versailles, parmi les siens, où elle revint assez souvent. La seule fille du couple royal qui parvint à se marier put ainsi naître et même mourir au château, laissant une famille inconsolable et — naturellement — avide de portraits. Deux d’entre eux étaient déjà accrochés au château : le premier (ill. 2) est daté 1760 et montre « Madame Infante » en habit de chasse…

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