Vaux le Vicomte lance une souscription

Vue de la coupole du Grand Salon
Château de Vaux le Vicomte
Photo : Vaux le Vicomte
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10/9/18 - Souscription - Vaux le Vicomte - Après l’arrestation de Fouquet en 1661, les commandes artistiques pour le château de Vaux le Vicomte s’interrompirent. Charles Le Brun avait à peine commencé à travailler au décor de la coupole, surface de 400 mètres carrés, à dix-huit mètres de hauteur, envisageant pour la peinture centrale et les sculptures alentour tout un programme iconographique sur le thème du Palais du Soleil. Ses dessins préparatoires, conservés au Louvre notamment, témoignent de son projet.
Si la coupole resta vierge, le décor sculpté fut commencé. Seize termes furent réalisés par Jacques Houzeau d’après les dessins de Le Brun, incarnant les douze signes du Zodiaque et les quatre saisons ; L’Hiver est une exception de la série puisqu’il fut sculpté par François Girardon. Entre les termes, les reliefs attribués à Jean Blanchard évoquent les dieux romains (et les planètes) par leurs attributs et les animaux qui leur sont associés. On peut retrouver l’analyse de cet ensemble dans les actes du colloque de 2016, Nouveaux regards sur Charles Le Brun publiés en ligne.
C’est au XIXe siècle que Charles Séchan fut finalement chargé de peindre la coupole avec un décor très simple : un aigle dans un grand ciel.

Il est aujourd’hui urgent de restaurer cet ensemble : les stucs et les tympans sont empoussiérés, cassés par endroits ; la coupole elle-même est fissurée et la fresque encrassée.
Le château lance donc une souscription sur le site Dartagans pour financer en partie cette restauration qui devrait se dérouler au cours de l’hiver 2019-2020. Le coût total des travaux est estimé 1,1 million d’euros dont 15 % sont subventionnés par la Région Île-de-France. La souscription, qui dure du 7 septembre au 30 octobre, vise quant à elle à réunir 100 000 euros. Le reste du financement devrait être assuré par un mécénat privé.
Rappelons que les souscripteurs bénéficient d’une déduction fiscale de 66 %. Certains d’entre eux tirés au sort profiteront en outre de divers avantages tels qu’une nuit dans un hôtel, un survol du domaine en hélicoptère et quelques autres réjouissances.

Enfin, il est prévu de recréer numériquement, pour 510 000 euros environ, le projet de Charles Le Brun et de projeter sur la coupole le dessin préparatoire du XVIIe siècle. La manière dont cette projection sera faite n’est pas encore arrêtée. Il est envisagé par exemple qu’elle ne dure que quelques minutes le temps de raconter la genèse de ce décor ; cela n’empêcherait donc pas les visiteurs d’admirer la coupole sans cet artifice. Cependant, il est possible que l’aigle soit recouvert afin de rendre plus lisible la projection, ce qui serait regrettable. Tout cela reste à voir. La somme est importante et peut-être vaudrait-il mieux l’utiliser pour d’autres restaurations. Le but néanmoins est d’attirer le public et d’augmenter la fréquentation des lieux, ce qui devrait permettre un retour sur investissement et dégager à terme des ressources supplémentaires ; on ne peut en faire le reproche à un monument en mains privées.

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