Une visite à Blérancourt

Didier Rykner
1. Blérancourt, château
Première arche du viaduc découvert dans la cour de devant
Photo : D. Rykner
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Aujourd’hui 29 août, le chantier de fouilles du château de Blérancourt (voir notre précédent article) a connu une agitation certaine. Le matin, les représentants des American Friends of Blérancourt venaient s’informer de l’avancement des travaux et voir les vestiges déjà mis au jour. Et en début d’après-midi, une délégation de la Société historique de Soissons menée par son président Denis Rolland, accompagnée de Charlotte de Bouteiller, qui organise un comité de soutien (SOS Blérancourt), d’Anne Pons, la présidente de l’association Momus et d’Alexandre Gady, maître de conférence à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’architecture du XVIIe siècle, s’invitaient à leur tour sur le site. Plusieurs journalistes, dont une équipe de France 3 Picardie, accompagnaient cet aréopage afin de voir enfin un chantier qu’il n’est pas facile de visiter [1]. Pénétrer sur celui-ci n’était, en réalité, pas très compliqué en contournant la terrasse du château, et en entrant par l’arrière.


2. De gauche à droite : Philippe Charron,
Emmanuel Starcky et Anne Dopffer
Photo : D. Rykner
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Informés par un gardien présent sur le site, Emmanuel Starcky, directeur du Musée de Compiègne, dont dépend Blérancourt, Philippe Charron, conservateur régional des monuments historiques de la DRAC Picardie et Anne Dopffer, conservateur du Musée national de la coopération franco-américaine nous ont rejoint et nous ont expliqué la situation actuelle (ill. 2). Ils ont notamment déclaré que les fouilles actuelles pourraient être menées jusqu’à leur terme et qu’un comité scientifique serait mis en place pour examiner toutes les options possibles, indiquant que pour l’instant, même si le démontage avait effectivement été envisagé, rien n’était encore décidé.
Les représentants des sociétés de défense du patrimoine ont pris acte de ces déclarations, mais n’ont pas été entièrement convaincus. En effet, il a été dit simultanément que le communiqué de presse du 8 août n’était pas remis en cause. Or, celui-ci affirme clairement que les vestiges les plus intéressants seront démontés, ce qui est contradictoire avec les bonnes intentions énoncées précédemment.


3. Blérancourt, château
Deux arches du viaduc partiellement découvertes
Photo : D. Rykner
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Nous avons pu prendre de nombreuses photos des structures déjà découvertes. La visite du site est essentielle pour comprendre les enjeux. Si les restes des caves trouvés à l’arrière du château peuvent sans doute être détruits une fois que les fouilles archéologiques auront été terminées, le viaduc parfaitement conservé qui se trouve devant le château et qui constitue le témoin d’une architecture tout à fait originale, dont la beauté est évidente (ill. 1), doit demeurer in situ et être mis en valeur, ce qu’un démontage et une hypothétique reconstruction hors de ce contexte ne permettrait past.
Les réserves du musée, prévues à cet endroit peuvent probablement être réalisées ailleurs (par exemple à l’arrière) et le projet des architectes, non sans qualités, devrait pouvoir être adapté pour prendre en compte ces nouvelles contraintes. Les panneaux d’information situés à l’extérieur du chantier et montrant les endroits des sondages archéologiques prouvent sans ambiguïté que ceux-ci n’avaient pas été effectués à l’emplacement du viaduc. On lit également sur ces panneaux que : « Le souci constant de préserver le bâti ancien a conduit à la décision de ne pas construire sur cette zone [celles des fondations du bâtiment démoli]. » Sage décision qui devrait être appliquée pour les vestiges récemment découverts dans une région dont l’essentiel du patrimoine a été détruit lors des deux dernières guerres mondiales.

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