Une préemption de la BnF, à moins de 2000 euros...

Didier Rykner

10/11/18 - Acquisition - Paris, Biblitothèque nationale de France - La Bibliothèque nationale de France a préempté vendredi 9 novembre, à la vente Leclère à l’hôtel Drouot, un dessin sur vélin du graveur néerlandais Crispin de Passe représentant un portrait d’homme. L’œuvre sera publiée prochainement sur le blog Ad vivum du département des Estampes, mais l’identité du modèle a été dévoilée sur Twitter par Pauline Chougnet, qui précise que Vanessa Selbach a rapproché, avec raison, l’œuvre du portrait gravé du diplomate anversois Jacob Edelheer, dont le département des Estampes possède un exemplaire.
Cette jolie acquisition a été faite à un prix plus que raisonnable de 1950 € avec les frais, et on ne saurait trop en féliciter la Bibliothèque nationale, ainsi que de la manière dont elle partage ses découvertes avec le public via les réseaux sociaux et les blogs.


Crispin de Passe (1564-1637)
Portrait d’homme
Plume et encre brune sur vélin - 18 x 14 cm
Préempté par la Bibliothèque nationale de France
Photo : SVV Leclère
Voir l´image dans sa page

Cet achat nécessite, en revanche, que nous abordions une nouvelle fois ici la question de la préemption par la BnF. Nous avions récemment dénoncé l’invraisemblable ratage du département des Manuscrits qui n’a pu acquérir, pour un prix à peu près équivalent à celui auquel a été acheté ce dessin, le livre de prières de Marie-Amélie (voir la brève du 13/10/18). On se rappelle que la BnF nous avait expliqué que « sur la recommandation récurrente du Ministère de la Culture, la BnF fait en sorte de ne pas utiliser systématiquement la préemption pour des sommes faibles, même s’il y a une marge d’appréciation, au cas par cas » (voir la brève du 17/10/18). On se demande ce qui, dans ce cas, justifie ce qui n’a pas été utilisé dans le précédent. En réalité, rien. Simplement, la direction des Manuscrits ne veut pas utiliser cette procédure que d’autres, dans la même institution, manient avec bonheur. Il faut donc se retourner vers la présidence et la direction de la Bibliothèque, dont la réponse ne nous satisfait pas. Y-a-t-il une politique d’acquisition commune à la BnF ? Et surtout, qu’est-ce qui autorise un directeur de département à ne pas utiliser une disposition parfaitement légale qui permet d’enrichir les collections nationales au mieux, à la fois pour le patrimoine et pour les budgets, forcément limités ?

Signalons pour conclure que le livre de prières de Marie-Amélie a été prêté par son récent acheteur au château de Fontainebleau pour figurer dans la très belle exposition que celui-ci consacre à Louis-Philippe.

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